<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom">
  <title>Mouton de garde</title>
  <subtitle>Mouton de garde</subtitle>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://moutons.karma-lab.net/taxonomy/term/1007"/>
  <link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://moutons.karma-lab.net/taxonomy/term/1007/atom/feed"/>
  <id>http://moutons.karma-lab.net/taxonomy/term/1007/atom/feed</id>
  <updated>2007-08-13T14:54:33+02:00</updated>
  <entry>
    <title>Tous sauvés par les champignons atomiques</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://moutons.karma-lab.net/node/1043" />
    <id>http://moutons.karma-lab.net/node/1043</id>
    <published>2008-07-08T14:24:23+02:00</published>
    <updated>2008-07-08T23:19:06+02:00</updated>
    <author>
      <name>Ulhume</name>
    </author>
    <category term="Mouton de garde" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p>
On apprends finalement des choses très intéressantes en lisant Science et Vie... Prenez le numéro de Juillet par exemple. Vous y découvrirez avec stupeur et candeur qu'une chercheuse écossaise met au point des champignons atomiques destinés à sauver le monde...
</p>
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p>
On apprends finalement des choses très intéressantes en lisant Science et Vie... Prenez le numéro de Juillet par exemple. Vous y découvrirez avec stupeur et candeur qu'une chercheuse écossaise met au point des champignons atomiques destinés à sauver le monde...
</p>
<!--break-->
<p>
  En effet, la Biologiste Marina Fomina, a découvert que certains champignons filamenteux poussent comme des charmes dans de l'uranium appauvris. Et non seulement il pousse dedans le bougre, mais en plus il le transforme (On me glisse à l'oreillette qu'Areva  vient de lancer une OPA hostile sur l'université de Dundee...). 
</p>
<p>
Le principe est d'une biblique simplicité. Grâce à l'acidification induite par les champignons, l'uranium déjà oxydé dans des sols bien humides, est minéralisé en un complexe de phosphate... et d'uranium. Sorte de vitrification Biologique quoi... 
</p>
<p>
  Mais ce n'est pas tout. Car piégées dans les filaments des champignons (ça c'est pour le filamenteux), les particules d'uranium minéralisées par le phosphate ne vont du coup plus pouvoir filer à l'anglaise dans les nappes phréatiques... Et ça c'est très cool car après il ne reste plus qu'à ramasser les champignons, les mettre en bocaux et on régle <a class='external' target='_blank' href='http://mondialisation.ca/index.php?context=va&amp;aid=8876' >aussi la disette</a> ! Comment ça pas comestible ? C'est pas radioactif on a dit, faut suivre !! 
</p>
<p>
  C'est très sympa, non ?  Science et Vie précise bien, pour pas que le quidam flippe de trop, que l'UA est <q>peu radioactif mais très toxique</q>. Sur le coup le quidam un peu plus évolué se demande bien ce que peut avoir de toxique ce métal si ce n'est sa radioactivité... Mais les détails importent peu et l'article préfère se terminer sur une étonnante note d'espoir en indiquant que nos champignons fluorescents sont à terme <blockquote><p>une solution possible de décontamination des sols d’Irak et des Balkans, particulièrement contaminés.</p></blockquote>. 
</p>
<p>
  Et ben dites-donc ! Ca y'est ? C'est plus un secret ? l'Irak et les Balkans sont contaminés ? Comme quoi tout arrive... Et donc, en implantant des champignonnières à Bagdad, on va sauver tous les futurs pitis nenfants de leurs potentielles infirmités option doubles têtes à claques. C'est bien fait tout de même...
</p>
<p>
  Nous sommes donc tous sauvés et pouvons, grâce aux champignons magiques écossais, continuer en tout quiétude de produire nos 5.5 tonnes d'UA par tonne de combustible pour centrale à vapeur et éventuelle continuer à s'en débarrasser par paquets de <a class='external' target='_blank' href='http://en.wikipedia.org/wiki/GBU-28' >deux tonnes</a> sur les vilains pas beaux. 
</p>
<p>
Je n'ai qu'une chose à rajouter : <q>Vas-y Nico ! fais péter le <a class='external' target='_blank' href='http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/336652.FR.php' >3ième EPR</a> !!</q>
</p>    ]]></content>
  </entry>
  <entry>
    <title>GANG BANG  La pornographie,  bagne sexuel industriel</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://moutons.karma-lab.net/node/1022" />
    <id>http://moutons.karma-lab.net/node/1022</id>
    <published>2007-08-13T20:23:11+02:00</published>
    <updated>2007-10-03T22:49:22+02:00</updated>
    <author>
      <name>Ulhume</name>
    </author>
    <category term="Mouton de garde" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p>
J'avais découvert cet article sur le monde de la pornographie sur le site "L'Attention". L'impact aura t-il été plus grand parce que je suis un "mec" ? Je n'en sais rien mais il m'a marqué, c'est un fait.
</p>
<p>
 Et voilà qu'en voulant le poster "quelque part" où il aurait été utile, je me rend compte que le site avait disparu. Le témoignage me semble trop important pour passer ainsi à la trappe numérique. J'en avais gardé une copie, je la met donc en ligne, tout simplement.</p>
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p>
J'avais découvert cet article sur le monde de la pornographie sur le site "L'Attention". L'impact aura t-il été plus grand parce que je suis un "mec" ? Je n'en sais rien mais il m'a marqué, c'est un fait.
</p>
<p>
 Et voilà qu'en voulant le poster "quelque part" où il aurait été utile, je me rend compte que le site avait disparu. Le témoignage me semble trop important pour passer ainsi à la trappe numérique. J'en avais gardé une copie, je la met donc en ligne, tout simplement.</p>
<!--break-->
<p style="font-style:italic" >Si cela pose un problème à l’éditeur ou à l’auteur, merci de me le dire et je le retirerais.</p>
<!--break-->
<hr style="border:none;border-bottom:1px dashed gray"/>
<p>
	Les témoignages non officiels des coulisses de l'industrie du sexe sont rares. Un film, présenté par une association au parlement suédois dans le cadre d'une réflexion sur la liberté d'expression et la pornographie, rassemble des confidences édifiantes d'actrices, de policiers, de producteurs. "Shocking Truth" est son nom. Attention : visionnage violent. Et vraie colère.**
</p>
<p>
	Dépassée Annabel Chong, qui, en 1995, passait sous 251 partenaires en dix heures… Angela Houston, 30 ans, en 1999, s'est fait 622 hommes en 7 heures, soit un homme toutes les 40 secondes. Candy Appels a pour sa part été interrompue au 742ème par la police de Los Angeles. Quant à Sabrina Johnson, 23 ans, elle s'entraîne pour battre le record du gang bang, 2000 hommes en 24 heures prévus à la Saint-Sylvestre.</p>

<p>
	Aucune étude ne dresse encore le portrait psychologique de ces candidates au viol collectif. Mais Annabel Chong revivait en direct, dans son film, le traumatisme d'un viol véritable. Et Angela, Sabrina, Candy, qui sont-elles ? Qui sont ces femmes qui se disent heureuses après s'être fait passer dessus par une armée ? Qui sont ces Candy, Cookie et autre Molly ? Qui sont ces êtres humains qui se cachent sous des noms de chiennes ou de friandises ? Aujourd'hui, les témoignages sortent. Nous avons visionné « Shocking Truth », film suédois réalisé à partir d'interviews et de montages de films pornographiques diffusés dans le nord de l'Europe, et présenté au parlement suédois en 2000 dans le cadre d'une réflexion sur la liberté d'expression dans la pornographie.
</p>

<p>
	Aussi dérangeant que cela puisse être, derrière chaque vagin, chaque bouche à pipe, chaque anus, derrière chaque trou rempli de foutre, de doigts, de poings, de centaines de bites d'affilée, se cache un être humain. </p>

<p>
	Un être humain, un corps qui, souvent, saigne entre les scènes. Qui s'évanouit pendant les plans coupés. Qu'on redresse tant bien que mal pour l'éjac finale dans la gueule. Nous le savons aujourd'hui. 
	<br/>
  Beaucoup de sang coule de ces culs anonymes, aux noms de gâteaux. 
	<br/>
  Certes, ne pas penser qu'un être humain, doté du même corps fragile que votre soeur ou votre mère, soit pénétré à la chaîne, saigne, s'effondre, soit marqué à vie, permet de mieux apprécier le spectacle pornographique, d'en jouir plus tranquillement. 
  <br/>
	Mais ce n'est pas la réalité.
</p>	

<p>
	Ne pas y penser, c'était mon cas avant. Avant de m'intéresser à l'envers du décor. Même si l'univers formaté et prévisible des films pornos m'a toujours paru ennuyeux, je ne dédaignais pas une vidéo de temps en temps, quelques scènes un peu crades pouvaient même me mettre en train, par contagion joyeuse de l'effet salope.</p> 
<br/>
	Mais c'était avant. Une fois qu'on sait, il faut bien avouer que ça gâche le plaisir.
</p>	

<H2>Qui sont-elles ?</H2>

<p>J'ai commencé cette enquête sans a priori. Entre filles, c'est vrai qu'on se demande. Après tout, celles qui se font mettre par cinquante mecs dans les pornos, d'accord, elles aiment sûrement pas ça, mais n'ont-elles pas choisi ? Elles sont payées pour ça. Même si elles ont besoin d'argent, elles pourraient quand même faire autre chose, non ? Travailler en usine, vendeuse, autre chose.</p>

<p>	Mais est-ce vrai ? Avant les grandes luttes sociales, les filles qui bossaient dans les usines chimiques pourries et maladives se mutilaient en connaissance de cause, tout en rêvant de passer à travers. Ces filles auraient-elles pu choisir autre chose ?
	<br/>	

	En vérité, qui sont vraiment ces hommes et ces femmes que le spectateur consomme à longueur de vidéo ? Tous des enculeurs fougueux et des salopes qui aiment ça ? Ou encore des fainéantes qui refusent de bosser ?
</p>

<p>
	Réponse d'un producteur de porno suédois* : 
  <blockquote><p>
        Ce sont très souvent d'anciennes victimes de viols ou d'inceste dans l'enfance.
  </p></blockquote>
				Et puis, après un temps :
  <blockquote><p>
        Bien sûr, dans ces conditions, on peut se demander si elles choisissent ce métier librement.
  </p></blockquote>
</p>
  
<p>
        Quant aux hommes ? Réponse du même producteur : 
  <blockquote><p>
        Les hommes ne doivent pas être émotifs pendant. Il ne faut pas, par exemple, qu'ils attendent une réponse de leur partenaire, qu'ils soient attentifs à leurs réactions. Alors, s'ils sont émotifs, ils ne peuvent pas vraiment faire ce travail. En fait, les hommes doivent pouvoir agir comme des machines.
  </p></blockquote>
</p>

<p>
        Réponse d'un ancien commissaire, qui a rencontré d'innombrables prostituées et actrices du hard* 
  <blockquote><p>
				J'ai connu des 
        milliers de filles. En fait, j'ai plus l'impression d'avoir 
        rempli une fonction de travailleur social. Ce ne sont pas les mêmes 
        filles dans le porno et dans la prostitution. Mais elles ont les mêmes 
        origines. Presque toutes ont été abusées dans l'enfance. 
  </p></blockquote>
</p>


<p> 
	Voilà un début de réponse sur les être humains qui travaillent dans le porno. Que ce soit en France, aux Etats-Unis ou en Suède, la constatation des associations, après avoir recueilli de nombreux témoignages est la même. Les milieux défavorisés fournissent un vivier de pauvres filles pour la prostitution et la pornographie. Très souvent victimes d'inceste et violées pendant l'enfance. Ou accrochées aux drogues. Or, constatent les associations, les victimes d'inceste ou de viols, les droguées ne sont pas prises en charge par la société pour bénéficier d'un traitement ou d'un processus d'aide. Elles sont alors directement manipulées par des souteneurs ou des producteurs, parfois dès la sortie des foyers. Elles sont récupérées de façon industrielle pour alimenter les productions bas de gamme en tout genre, jusqu'avec des dogues, des ânes, des chevaux, etc. Chacun y trouverait son compte, que ce soit les services sociaux déjà saturés et incapables de répondre à la demande, ou, bien sûr, les boîtes de production du X tout venant, qui font leur beurre sur ces anciens enfants martyrisés, habitués à la douleur comme à la docilité.
<br/>
        Voilà le voile que lèvent les associations sur ces filles.
<br/>
        Le corps des plus défavorisés utilement recyclés pour servir de liant social.
</p>

<p>
        Ce n'est pas seulement un scandale mais une horreur. A grande échelle.
<br/>
        Aux USA, l'industrie du porno dégage 4 à 6 milliards 
        de dollars par an. Plus que l'industrie du film et du disque réunie.
<br/>

        La diffusion de "Playboy" et de "Penthouse" (24 millions 
        d'exemplaires) est deux fois plus importante que celles de "Newsweek" 
        et de "Time" réunies… Toujours aux USA, 75 % des 
        magasins de vidéo vendent des K7 ou DVD pornos, qui leur assurent 
        entre 50% et 60 % du chiffre d'affaires. Et 65 % des connexions sur 
        le net concernent des sites pornographiques. Derrière les chiffres, 
        combien de corps ?
</p>

        Backstage : deux filles interviewées * entre deux scènes, 
        du sperme plein le visage. 
	<br/>
        La première, sourire figé, terrible, regard fixe :
  <blockquote><p>
        Je sais que je suis une grosse pute. Mais je ne me rappelle plus quand 
        ça a commencé
  </p></blockquote>
        La seconde : 
  <blockquote><p>
        Peut-être… 
        quand je me suis fait enculer par l'avocat de mon père. Enfin, 
        je ne sais plus si c'était son avocat ou un de ses collègues. 
        J'avais douze ans.
  </p></blockquote>
				Tout cela dit avec l'indispensable 
        sourire caméra et en enfonçant un doigt manucuré 
        dans une chatte épilée et parfaitement sèche. 
</p>        

<p>
        Voilà la situation d'être humains entrés volontairement 
        dans le bagne moderne du sexe, si on peut considérer comme un acte 
        de volonté l'impossibilité de refuser des violences 
        nouvelles pour les rescapés de violences anciennes. Qu'advient-il 
        d'eux, une fois entrés ? Maladies, suicides… Comment 
        savoir ? On apprend des associations que la plupart des actrices touchant 
        à la zoophilie se sont suicidées. Enfin, celles dont on 
        connaît le nom. La junkie édentée ramassée 
        dans la rue pour se faire mettre par un lévrier afghan, celle qui 
        pose pour la jaquette du dvd bien en évidence dans le bac prés 
        de l'entrée du sex-shop à côté de chez 
        moi, celle-là, où est-elle aujourd'hui, que lui est-il 
        arrivé depuis? Suicide ? Overdose ? Les culs anonymes passent et 
        crèvent. Qu'importe. Le réservoir à paumés 
        et à déchets sociaux est disponible, à la merci des 
        fantasmes érigés en loi. Ce n'est pas la matière 
        première qui manque.
<br/>
        Mais après tout, comme le dit un autre producteur* : 
  <blockquote><p>
        Il n'y a pas de loi interdisant de faire de l'argent dans un 
        système capitaliste. Je n'ai pas inventé le capitalisme. 
        Je suis innocent.
  </p></blockquote>
</p>

<h2>L'écran et la réalité</h2>
<p>
        Sur l'écran, le spectateur de porno, à quelques stars 
        près, voit finalement des filles qui se ressemblent toutes. A la 
        couleur des cheveux et la grosseur de poitrine près. Difficile 
        après tout de faire la différence entre un anus et un anus, 
        une bouche à pipes et une bouche à pipes. Pas grand chose 
        d'humain là-dedans, mais plutôt l'excitation au 
        spectacle de morceaux de corps, de viandes avides, gémissants et 
        presque toujours anonymes. C'est d'ailleurs justement cet anonymat, 
        cette facilité, ce côté immédiat et à 
        vif de l'acte sexuel qui font l'intérêt de ce genre 
        de film. Alors, où est le problème ? Au nom de quelles idées 
        réactionnaires condamner mon plaisir ? En quoi la vision de ces 
        scènes peut-elle représenter un danger pour moi, pour les 
        jeunes habitués à une telle sexualité mécanisée 
        et mercantile, etc… ?
<br>
        Telles sont les questions que se pose aujourd'hui le spectateur. 
        Ces questions sont évidemment légitimes, et peuvent faire 
        l'objet d'innombrables débats. D'ailleurs, on les 
        entend partout, de "Max" à l'"Observateur", 
        chez Delarue, sur TF1…
<br>
        Mais le débat ne peut s'en tenir à la seule logique du spectateur, 
        des fantasmes du spectateur. Parce que la réponse à la question
  <blockquote><p>
				Qu'arrive-t-il et que deviennent les hommes et les femmes 
        sur le tournage d'un film pornographique
  </p></blockquote>
                                                               n'est pas 
        entièrement contenue dans les images que vous visionnez tranquillement 
        sur votre vidéo (même si certaines choquent par leur inhumanité 
        ou la souffrance visible des actrices).
</p>

<p>
       Rappelez-vous "Gorges Profondes", le film X culte des années 
        1970, où tout le sexe se réduit à des pipes, queue 
        à fond dans la gorge, ce qui ferait jouir à coup sûr 
        l'héroïne. Pendant le tournage, Linda Marchiano, alors 
        connue sous le nom de Linda Lovelace, était battue et menacée 
        d'un pistolet par son compagnon afin de pouvoir accomplir les performances 
        buccales qui ont fait du film une des œuvres fondatrices de la pornographie. 
        Pendant les mois qui ont suivi, de nombreuses femmes ont été 
        hospitalisées aux Etats-Unis, qu'elles aient été 
        victimes de viols ou que leurs petits amis aient voulu réitérer 
        à la maison l'exploit que Marchiano n'avait pu signer 
        que menacée, dans un état second.
</p>
<p>
        Tournage X*. Une petite blonde assez mince se fait sodomiser sans ménagement 
        par un mec puis par un autre puis par un troisième. Ils font la 
        queue sans état d'âme, bite à la main. Les larmes 
        font couler le maquillage. Difficile de confondre les cris avec des cris 
        de plaisir. Entre le deuxième et le troisième type, qui 
        la secoue comme un sac, elle chancelle et ses yeux virent au blanc. Plan 
        coupé. Séquence suivante, nouvelle enculade, avec en plus 
        trois mains plongées dans son vagin, la fouillant sans ménagement. 
        Quand son partenaire se retire, elle manque tomber. Une main la redresse 
        par l'épaule et lui plaque le visage sur une bite. Elle doit 
        sucer, tout avaler. Interview backstage de cette fille. Les larmes ne 
        sont pas encore entièrement séchées :
  <blockquote>
                                                                - Q : Si un inconnu vous mettait sa bite dans la bouche en pleine rue, 
        ça vous dérangerait ?
  <br>
        - R : Vous croyez que je les connais bien, les hommes avec qui je viens 
        de tourner ? Je ne les avais jamais rencontrés avant le tournage. 
        Alors si un inconnu jouissait dans ma bouche, non, ça ne me dérangerait 
        pas.
</blockquote>
<br>
        Et puis un sourire caméra, d'autant plus atroce qu'on 
        a encore en mémoire les grimaces de douleur de la scène 
        précédente. Elle ajoute :
<blockquote><p>
			Mais n'oubliez jamais que j'aime ça. J'adore 
        le sexe, je suis une vraie pute et j'aime ça.
</p></blockquote>
</p>

<p>
        Elle aime vraiment tomber dans les pommes enculée par tous ces 
        mecs ? Ou est-ce la thèse officielle ? Ou pire : finit-elle par 
        le croire ? Et que penser de celles qui diraient aimer ça avec 
        des chiens ou des mulets ? 
<br>
        Après la servitude volontaire, voici la torture volontaire, ultime 
        horreur moderne. 
<br>
            Backstage, encore. Une autre actrice *, le visage également baigné 
        de sperme.
<blockquote>
	- Q : De quoi avez vous peur ?
<br>
        - R : De devenir un animal. Je ne suis plus un être humain. Je me 
        sens comme un animal.
</blockquote>
</p>

<p>
	Même question posée à une autre fille *, en train 
        de sucer un gode fluorescent. Elle sort le gode de sa bouche, et d'un 
        coup son regard change. Eteint. Fixe. Perdu.
<blockquote>
	- Q : De quoi avez vous peur ?
<br>
        - R : De devenir rien. Et ensuite moins que rien.
</blockquote>
</p>

<p>
        Backstage toujours.
<br>
        Elle a au plus 24 ans *. Elle raconte son expérience d'ex-actrice 
        de porno et s'écroule en larmes. Elle parle de Cookie en disant 
        « elle », comme s'il s'agissait d'un corps 
        étranger, comme si elle ne pouvait pas raconter à la première 
        personne. Car Cookie, c'est elle. 
<br/>
        Cookie devait tourner une double pénétration. Elle s'est 
        mise à pisser le sang. Il a fallu couper. Les producteurs et les 
        autres acteurs ont donné des kleenex à Cookie pour qu'elle 
        s'essuie, en la traitant de conne parce qu'elle gâchait 
        le film. Après cinq minutes de pause, le tournage a repris et on 
        lui a fait finir la scène. Elle est payée pour ça, 
        n'est-ce pas. Elle a choisi ça.
<br/>
        Cookie dit encore, parlant toujours d'elle-même à la 
        troisième personne : 
<blockquote><p>
				Cookie avait une hémorragie 
        qui nécessitait une hospitalisation d'urgence.
</p></blockquote>
<br>
        Cookie n'est sans doute pas la seule à avoir été 
        hospitalisée après un tournage. Les histoires sortent. Une 
        fille condamnée à la chaise roulante suite à un gang 
        bang. Une autre passe six mois à l'hôpital. Comme le 
        raconte Raffaëlla Anderson dans son terrible témoignage, "Hard" 
<blockquote><p>
				Prenez une fille sans expérience […], loin de 
        chez elle, dormant à l'hôtel ou sur le tournage : faites 
        lui faire une double pénétration, un fist vaginal, agrémenté 
        d'un fist anal, parfois les deux en même temps, une main dans 
        le cul, parfois deux. Tu récoltes une fille en larmes, qui pisse 
        le sang à cause des lésions, et qui généralement 
        se chie dessus parce que personne ne lui explique qu'il faut faire 
        un lavement. De toute façon, c'est pas grave, la merde fait 
        vendre. Après la scène qu'elles n'ont pas le droit 
        d'interrompre, et de toute manière personne ne les écoute, 
        les filles ont deux heures pour se reposer. Elles reprennent le tournage. 
</p></blockquote>

<p>
        Limiter le débat à la problématique du plaisir du 
        spectateur est dangereux, parce que ce qu'il voit à l'écran 
        n'est pas la réalité.
<br>
        On parle parfois avec horreur des snuff movies, où les filles seraient 
        torturées à mort. Mais certains films pornographiques se 
        rapprochent des snuffs movies, les tortures sont coupées au montage. 
        Les témoignages sortent des studios. Les images aussi.
<br>
        Jamais on ne voit un gang bang, une double, triple, multiple pénétration 
        ou un fist-fucking, filmé sans coupe, sans montage. Parce qu'alors, 
        comment ne pas ouvrir les yeux, comment imaginer qu'on puisse infliger 
        une telle violence à un corps sans conséquences et sans 
        séquelles ?
</p>

<p>
     Raffaëlla :
<blockquote><p>
 Le matin, tu te lèves, tu te fourres 
        pour la nième fois ta poire de lavement dans le cul et tu nettoies 
        l'intérieur. Tu réitères jusqu'à 
        ce que ce soit propre. Rien que ça, ça fait mal. […] 
        Après ça, j'ai besoin de me mettre sous la couette 
        une heure pour oublier combien j'en souffre. […] Aucune position 
        ne convient. Tu tournes dans tous les sens mais y a rien qui t'apaise. 
        Après quoi, tu te retrouves sur un set et tu suces, tu cambres. 
        On te traite de salope […]. Rien ne vaut une telle souffrance. »
 </p></blockquote>
</p
>
<p>
        La pornographie tout sourire n'est possible que dans un monde virtuel, 
        où les cris de souffrance sont remplacés par des gémissements 
        de plaisir et des appels à y aller plus fort.
</p>
                                                            
<h2>Déshumanisation</h2>
<p>
        Voilà pourquoi, il est devenu non seulement stupide mais criminel 
        de faire du débat sur la pornographie un débat « d'idées 
        », où les défenseurs de la censure s'opposent 
        aux soi-disant libres-penseurs sur le thème « quel effet 
        sur le spectateur ? ». Même si j'apprécie le travail 
        de pionnières mené aujourd'hui par les intellectuelles 
        américaines sur la question de la pornographie, je ne partage pas 
        leur opinion d'un racisme exprimé à l'encontre 
        des hommes ou d'une fantasmatique macho insupportable. Il est inutile, 
        et tout aussi criminel, de réduire le débat sur la pornographie 
        à un antagonisme féminisme / pouvoir masculin.
</p>
<p>
        Il est devenu en revanche urgent de s'interroger sur le processus 
        de déshumanisation de milliers d'hommes et de femmes engagés 
        dans la pornographie à la chaîne. Les témoignages 
        sur les coulisses de la pornographie m'ont bouleversée et 
        horrifiée. Il y résonne des échos familiers qu'on 
        aurait bien voulu ne plus jamais entendre. Relisez n'importe quel 
        témoignage de rescapés, consultez n'importe quel document 
        sur la torture. Cela se passe, cela s'est toujours passé de 
        la même manière. En Europe, en Afrique, en Amérique. 
        Le processus de torture vise à priver un être humain de sa 
        qualité d'être humain. La torture vise à le réduire 
        à l'état d'animal, à l'anéantir 
        jusqu'à ce que lui-même ne se considère plus 
        comme humain, mais comme rien, moins que rien.
</p>
<p>
        À chaque fois que l'on visionne un film pornographique, il 
        faut s'en souvenir. Qu'advient-il de ces filles dont la plus 
        grande peur est d'être devenue « un animal » ou 
        « rien, moins que rien » ? Nous le savons. Certaines meurent 
        de cancers, du sida ou d'hémorragie. Beaucoup conservent des 
        séquelles physiques et psychologiques qui les poursuivent longtemps. 
        Rocco Sifredi lui même a reconnu un jour que certaines « actrices 
        » du porno bas de gamme, ultra majoritaire, avaient le sexe et l'anus 
        détruits. L'américaine Catherine Mac Kinnon, qui a 
        recueilli des dizaines de témoignages, décrit une de ces femmes 
        de manière saisissante : 
<blockquote><p>
Elle n'a pas de nom. C'est 
        une bouche, un vagin et un anus. Qui a besoin d'elle en particulier 
        quand il y en a tant d'autres ? Si elle meurt, à qui manquera-t-elle 
        ? Qui portera son deuil ? Qui s'en inquiétera si elle disparaît 
        ? Qui est-elle ? Elle n'est personne. Littéralement, personne 
</p></blockquote>
</p>
<p>
        En Australie, beaucoup d'actrices ont recours à des opérations 
        chirurgicales spécifiques. Il ne s'agit plus maintenant de 
        retouches « classiques » (comme augmenter le volume des seins) 
        mais de se faire ôter les grandes lèvres, afin que le vagin 
        soit plus visible à l'écran… Rien qu'un trou.
</p>
                                                          

<h2>Spectateur bourreau</h2>
<p>
        Il faudrait traiter les rescapés de ce bagne moderne avec le même 
        respect, les mêmes précautions que les rescapés de 
        la torture. Après cette enquête et avoir visionné 
        les images de « Shocking Truth », je sais que je ne pourrai 
        plus regarder un film porno comme avant. Je ne demande pas la censure, 
        ou l'interdiction des films pornographiques.
<br/>
        Je demande à sortir de la logique du spectateur. Qu'il nous 
        suffise d'écouter notre corps. Il n'y a pas de débat 
        d'idées sur le porno sans un débat de chair. Je ne 
        demande pas l'abolition de la pornographie, dont on retrouvait déjà 
        des traces sur les fresques pompéiennes. 
<br/>
        Je demande la création d'un observatoire destiné à 
        veiller au respect des personnes humaines employées sur les tournages. 
        Suis-je « réactionnaire » ? Sexuellement frustrée 
        parce que je demande pour des êtres humains les mêmes égards 
        que pour les animaux ? Nous nous indignons du massacre des bébés 
        phoques, du gavage des poulets, jusqu'aux animaux mal traités 
        dans les tournages X. Citons pour rire, pour le fou- rire car sans folie, 
        il faudrait en pleurer, cet avis d'un internaute sur la zoophilie 
<blockquote><p>
				[même si j'adore la sexualité filles / animaux] 
        je ne peux cependant, en tant que technicien vétérinaire, 
        défendre l'idée d'une interaction sexuelle entre 
        l'être humain et l'animal, parce que cela ruinerait la 
        psyché de l'animal et le ferait ensuite agir de façon 
        intolérable au regard des règles de politesse de la société 
        humaine. De plus, il serait mal d'encourager un animal innocent à 
        suivre les traces du mâle humain, en quête d'un idéal 
        inaccessible ».
</p></blockquote>

        Froid dans le dos.
</p>

<h2>Virtuel mortel</H2>

<p>
        Imaginons un instant qu'ait lieu une campagne d'information 
        des spectateurs, avec diffusion sur une chaîne généraliste 
        d'un film documentaire (du type « Shocking truth ») comportant 
        des images porno tournées « backstage » . Pour la plus 
        grande majorité, le passage d'une représentation virtuelle 
        à une réalité physique atroce contribuerait à 
        une diminution considérable, si ce n'est à une disparition 
        totale de l'excitation provoquée par ces images.
<br/>
        C'est à ce stade, et à ce stade seulement, qu'il 
        faut réintégrer le point de vue du spectateur pour comprendre 
        les résistances que soulèvent aujourd'hui les attaques 
        dirigées contre la pornographie.
<br/>
        Ce spectateur, ces millions de spectateurs, une fois privés de 
        leur jouissance virtuelle, devraient chercher d'autres ressources 
        pour leur plaisir onaniste. Mais combien d'entre eux en sont-ils 
        encore capables ?
<br/>
        Il ne faut pas sous-estimer la terreur et l'agressivité que 
        suscitent chez certains la fin du rêve pornographique, la fin de 
        l'image de la femme-trou, le désarroi que serait pour eux 
        la perte d'un univers fantasmatique virtuel qui est souvent leur 
        principal accès à la jouissance.
<br/>
        Comment jouir dans le monde réel ? Comment jouir de chair et d'odeur 
        et du poids et de la présence vivante et souffrante d'une 
        femme ? Il est urgent de proposer aux adolescents une autre vision du 
        sexe et de l'amour que celle des femmes-orifices et des enculeurs-performance. 
        On peut d'ailleurs se demander quels bons petits soldats dociles, 
        quelles brutes obéissantes et conditionnées on cherche à 
        faire des hommes, pendant qu'on transforme les femmes en animaux 
        / objets méprisables et maltraités. Les chefs de guerre 
        serbes dopaient leurs troupes aux films pornos avant de faire des descentes 
        dans les villages ? Tout est fait pour que le spectateur onaniste reste 
        enfermé dans l'ignorance de son propre corps et donc forcément 
        aussi dans celle du corps de l'autre - en psychopathe qui non seulement 
        ne réagit plus à la souffrance d'autrui, mais en jouit. 
        La question du spectateur est : quelle humanité préparons 
        nous, et voulons nous fabriquer des générations d'individus 
        conditionnés, dociles, économiquement performants, prêts 
        à tolérer n'importe quelle abomination de la part du 
        corps social qui les entretiendra dans leur jouissance maladive?
</p>
<p>
        Amoureux de la chair, des odeurs, de la sueur, des infinis jeux du sexe, 
        nous ne nous devons pas seulement d'informer nos semblables sur les 
        violences de la pornographie industrielle. A nous de témoigner 
        de notre joie de vivre dans le monde réel et de défendre 
        avec délectation les formes infinies de la jouissance incarnée.

   <br/>
     La joie, plus forte que le gang bang. I.S. 
</p>     

<p style="font-style:italic;font-size:10px">
Merci de tout cœur à Malka Malkovich 
        et à Solenne Bardé, pour leur aide précieuse, pour 
        leur courage et pour leur joie de vivre. I.S.
</p>
<p style="font-style:italic;font-size:10px">
        * Tous les témoignages marqués d'une * sont filmés dans « Shocking Truth ».
</p>
<p style="font-style:italic;font-size:10px">
        ** Une première version de cet article a été publié 
        par le magazine "Blast" dans son numéro 4, en 
        septembre 2002.
</p>

<p style="font-style:italic;font-size:10px">
        Isabelle Sorente, ancienne élève de l'école Polytechnique, 
        est romancière et auteur de théâtre. Elle a publié 
        "Le Coeur de l'ogre" (JC Lattès, 2003), "La Prière 
        de septembre" (JC Lattès, 2002), "L" (JC Lattès, 
        2001) et "Hard Copy" (Actes Sud, 2001). 
</p>    ]]></content>
  </entry>
  <entry>
    <title>Des infirmières bulgares aux Champignons Nucléaires</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://moutons.karma-lab.net/node/1020" />
    <id>http://moutons.karma-lab.net/node/1020</id>
    <published>2007-07-27T12:11:11+02:00</published>
    <updated>2007-08-13T14:54:15+02:00</updated>
    <author>
      <name>Ulhume</name>
    </author>
    <category term="Mouton de garde" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p>
  Après tout ce temps, magie Sarkozienne en action, la vieille affaire des infirmières bulgares s'offre une fin heureuse... Ces pauvres femmes (sans ironie) accusées et emprisonnées depuis 8 ans par la Libye pour "contamination d'enfants par le virus du Sida", avaient déjà échappées il y a peu à une condamnation à mort. Mais Mardi dernier l'affaire se termine, contre toute attente, par une pure et simple <a class='external' target='_blank' href='http://www.20minutes.fr/article/171951/Monde-Les-infirmieres-bulgares-et-le-medecin-palestinien-liberes.php' >libération</a>... Et comme de par hasard, deux jours plus tard, notre président à nous, annonce la livraison à la Libye d'un réacteur nucléaire civil. Raison officielle, permettre à ce pays des plus sec, de "désaliniser l'eau de mer". Bien évidement aucun média bien pensant ne s'est réellement amusé d'un quelconque lien de cause à effet...
</p>

    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p>
  Après tout ce temps, magie Sarkozienne en action, la vieille affaire des infirmières bulgares s'offre une fin heureuse... Ces pauvres femmes (sans ironie) accusées et emprisonnées depuis 8 ans par la Libye pour "contamination d'enfants par le virus du Sida", avaient déjà échappées il y a peu à une condamnation à mort. Mais Mardi dernier l'affaire se termine, contre toute attente, par une pure et simple <a class='external' target='_blank' href='http://www.20minutes.fr/article/171951/Monde-Les-infirmieres-bulgares-et-le-medecin-palestinien-liberes.php' >libération</a>... Et comme de par hasard, deux jours plus tard, notre président à nous, annonce la livraison à la Libye d'un réacteur nucléaire civil. Raison officielle, permettre à ce pays des plus sec, de "désaliniser l'eau de mer". Bien évidement aucun média bien pensant ne s'est réellement amusé d'un quelconque lien de cause à effet...
</p>

<!--break-->
<p>
  Pourtant à l'époque un lien avait été "imaginé" par l'association "<a class='external' target='_blank' href='http://www.sortirdunucleaire.org/' >Sortir du Nucléaire</a>" avec l'idée d'un "Troc nucléaire". Le gouvernement avait alors formellement démenti ! Mais voilà, notre président veut vendre de la bonne centrale Française, et celui des Libyens, lui, en rêvait depuis si longtemps... 
</p>
<p>
  Si le lien est assez évident, il reste intéressant de s'amuser de l'explication officielle : Un réacteur nucléaire pour désaliniser l'eau de mer. Quoi de plus noble que d'apporter l'eau douce dans la rudesse hostile du Sahara ? Et ce n'est pas si délirant à bien y regarder. La désalinisation, consistant à pomper de l'eau de mer, la filtrer sous haute pression pour en faire de l'eau douce, est <a class='external' target='_blank' href='http://www.pca-gmbh.com/appli/desalfr.htm' >gourmande en énergie</a> ! Mais de l'énergie, voilà bien bien quelque chose dont la Libye dispose à profusion...
</p>
<p>
  En effet, elle ne manque déjà pas de pétrole pour commencer. Mais admettons que Kadhafi soit devenu très écolo et ne supporte pas l'idée d'aggraver l'effet de serre. Il reste tout de même l'énergie la plus verte qui soit, le soleil...</p>
<p>
 En effet, le 
  <a target='_blank' href='http://fr.wikipedia.org/wiki/Special:Search?search=Sahara'>
  Sahara
  </a> dispose tout de même d'une moyenne de plus de 3106 heures d'ensoleillement par an (sur 8766 dans une année, nuits comprises <img src="http://moutons.karma-lab.net/sites/all/modules/contrib/smileys/packs/crystal/wink2.gif" title="Wink" alt="Wink" class="smiley-content"/>. Et ce chiffre monte à 3723.. en Libye. En conclusion il semble plus malin de désaliniser l'eau avec le soleil plutôt qu'avec de l'Uranium, n'est-ce pas ? 
</p>
<p>
  La raison officielle écartée, nous ne pouvons que chercher à deviner : un nième Coup médiatique Sarkozy qui aurait réussi à faire libérer ces femmes ? coup publicitaire pour refourguer un peu plus d'EPR à la planète ? Entente avec Bush pour lui donner un prétexte de mettre la Libye sur l'axe du mal, permettant ainsi une autre invasion d'un terrain bien riche en pétrole ? Je n'ai pas la réponse, mais ce qui me semble évident, c'est que cela n'a pas grand-chose à voir avec de l'eau douce. 
</p>
<p>
  Dans tous les cas, cette décision Française pose de nombreux problèmes éthiques, dont celui de l'utilisation militaire d'une telle installation. C'est d'ailleurs le principal argument de "<a class='external' target='_blank' href='http://www.romandie.com/infos/news2/070724091420.yvp04xtu.asp' >Sortir du Nucléaire</a>". Mais à cela je crois peu... Que l'on m'arrête si je me trompe mais la France livre une centrale, pas une installation d'enrichissement d'uranium. Et la Libye devra donc se fournir en combustible à l'étranger, j'imagine en France. Car sans Uranium "enrichi" un réacteur manque de sel... Car mettre de l'Uranium "non-enrichi" dans un réacteur serait à peu près comparable à tenter de faire avancer votre golf essence avec du diesel... Et l'enrichissement est un processus complexe, l'Iran en sait quelque chose...
</p>
<p>
  Donc la thèse du "danger nucléaire" au sens guerre froide du terme ne me semble pas très crédible. D'autant plus que, si je ne m'abuse, pour faire une bombe, l'uranium civil ne fonctionne pas bien. Enrichi à juste 3%, il est loin des plus de 90% nécessaire à la fabrication de champignons efficaces... En revanche, le nucléaire étant une technologie bien dégoûtante, j'imagine que personne ne va contraindre la Libye à rendre leurs déchets. Et eux, peuvent être utilisés comme armes....
</p>
<p>
  En effet, rappelez-vous ce <a class='external' target='_blank' href='http://www.unep.org/Documents.Multilingual/Default.asp?DocumentID=192&amp;ArticleID=2773&amp;l=en' >rapport de UNEP</a>, en 2001, confirmant des traces de plutonium dans les débris laissés par les armes utilisées au Kosovo... Or le plutonium a ceci de particulier qu'il n'existe pas dans la nature, il ne peut être trouvé qu'en sortie d'un réacteur militaire... ou civil. 
</p>
<p>
  Donc même si je ne vois pas, peut-être à tort, comment la Libye pourrait à terme dériver un réacteur nucléaire en armement format "champignon", je les vois en revanche bien utiliser l'arme nucléaire "sale" à base de déchets de centrale. Il ne faut pas faire les difficiles, cela provoque les "mêmes" dégâts, c'est très lourd et cela perfore tout, ça explose en poussière d'uranium qui inhalé irradie les gens de l'intérieur, les sols et les circuits d'eau, et ceci pour des années. Bref, une véritable arme nucléaire mais sans publicité traumatisante pour l'opinion...
</p> 
<p>
  Les états-unis ne s'y sont d'ailleurs pas trompés. Plus jamais d'Hiroshima pour eux, ça leur donne l'air beaucoup trop vilain. En revanche, les déchets de centrale, ça fait moins tâche. Il faut dans cette idée s'imaginer que 800 tonnes d'uranium (chiffres officiels du Pentagone) ont été larguées sur l'Irak lors de la première guerre du Golf... Cela permet de se faire une idée du volume utilisé dix ans plus tard en Afganistan, au kossovo ou en Irak v2...
</p>
<p>
  En conclusion, oui une centrale peut bien être utilisée comme une arme mais de manière beaucoup plus sournoise que nous ne l'imaginons. Alors, pourquoi M. Sarkozy leur en a promis une ? nous avons quelques pistes mais par soucis d'honnêteté nous dirons que le "mystère" reste entier... En tout cas merci M. Le président, il n'y a pas à dire, avec vous, le monde devient.. vraiment plus sur... 
</p>
      ]]></content>
  </entry>
  <entry>
    <title>Radars automatiques sur Internet, la CNIL est priée de se taire</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://moutons.karma-lab.net/node/1019" />
    <id>http://moutons.karma-lab.net/node/1019</id>
    <published>2007-06-17T09:51:01+02:00</published>
    <updated>2007-08-13T14:54:33+02:00</updated>
    <author>
      <name>Ulhume</name>
    </author>
    <category term="Mouton de garde" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p>
En lisant les actualités sur le portail du premier ministre, je suis tombé sur <a class='external' target='_blank' href='http://www.premier-ministre.gouv.fr/information/actualites_20/musique_relancer_education_artistique_56573.html' >cet article</a>. Laissons couler le sirop pour aller directement à l'essentiel, aux deux derniers paragraphe, où sont exposés très clairement les objectifs de notre nouvelle Ministre de la Culture. <a class='external' target='_blank' href='http://moutons.karma-lab.net/drm-car-nous-sommes-tous-des-delinquants' >DADVSI</a>, la loi du dernier gouvernement sur les droits d'auteur, restera ce qu'elle est. Mme Albanel, reprenant le flambeau de M. Donnedieu de Vabres fera ainsi tout pour qu'elle soit appliquée... Tout ? Faut-il y voir un lien avec la récente remise au pas de la CNIL ?
</p>
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p>
En lisant les actualités sur le portail du premier ministre, je suis tombé sur <a class='external' target='_blank' href='http://www.premier-ministre.gouv.fr/information/actualites_20/musique_relancer_education_artistique_56573.html' >cet article</a>. Laissons couler le sirop pour aller directement à l'essentiel, aux deux derniers paragraphe, où sont exposés très clairement les objectifs de notre nouvelle Ministre de la Culture. <a class='external' target='_blank' href='http://moutons.karma-lab.net/drm-car-nous-sommes-tous-des-delinquants' >DADVSI</a>, la loi du dernier gouvernement sur les droits d'auteur, restera ce qu'elle est. Mme Albanel, reprenant le flambeau de M. Donnedieu de Vabres fera ainsi tout pour qu'elle soit appliquée... Tout ? Faut-il y voir un lien avec la récente remise au pas de la CNIL ?
</p>
<!--break-->
<p>
Pour comprendre cette histoire, il faut remonter à fin 2005. Les sociétés d'auteurs s'étaient alors mises à rêver d'un petit paradis numérique, un système d'écoute globale de l'Internet. Les visées de cet outil auraient été la collecte systématique des adresses IP, la détection des infractions (téléchargements illégaux) et enfin la prise de contact avec les pirates pour leur coller l'amende  proportionnée à la faute commise. Le radar  automatique de Net gérée par une police privé en quelque sorte... L'arme parfaite ? C'était compter sans la CNIL...
</p>
<p>
 La commission n'a en effet pas vu d'un très bon oeil cette "avancée technologique". Elle considéra que l'association entre un tiers et son adresse Internet (IP), ne pouvait se faire sans contrôle judiciaire. De plus, le système était pour elle une inacceptable collecte généralisée de données personnelles. Enfin, elle jugea très "limite" que ces sociétés d'auteurs (privées), fixent eux-mêmes le montant des peines... La CNIL a donc officiellement posé son <a class='external' target='_blank' href='http://www.cnil.fr/index.php?id=1881&amp;news[uid]=284&amp;cHash=dd58aa6ed2' >veto le 18 Octobre 2005</a>.
</p>
<p>
Mais comme vous l'aurez remarqué, les Français ont fait tourner les vents ces derniers temps. Et notre nouveau gouvernement s'était-il à peine installé que  <a class='external' target='_blank' href='http://www.cnil.fr/index.php?id=2221&amp;news[uid]=464&amp;cHash=57a0f43bbe' >le conseil d'état, Mercredi 23 Mai, a purement et simplement annulé la décision de la CNIL</a>. C'est un fait rarissime sans doute à la mesure des ambitions de Mme Albanel évoquées au début de ce billet. 
</p>
<p>
 Les sociétés d'auteurs ne peuvent que se réjouir de cette volonté du nouveau gouvernement qui rend maintenant possible la mise en oeuvre de leur joujou Orwellien, en s'offrant le luxe d'entamer sérieusement crédibilité de la CNIL. 
</p>    ]]></content>
  </entry>
</feed>
