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  <title>Cogitations</title>
  <subtitle>Cogitations sur le vaste monde</subtitle>
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  <updated>2007-06-16T16:12:13+02:00</updated>
  <entry>
    <title>Opinion Way : l&#039;usine à décerveler</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://moutons.karma-lab.net/node/1034" />
    <id>http://moutons.karma-lab.net/node/1034</id>
    <published>2007-11-25T01:04:33+01:00</published>
    <updated>2007-11-25T11:23:45+01:00</updated>
    <author>
      <name>advaya</name>
    </author>
    <category term="Cogitations" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p>Depuis son investiture, vous avez sans doute remarqué qu'à chaque moment 
clef émaillant le mandat de notre cher Président, le "bon sondage qui va 
bien" nous rassure et nous montre à quel point l'opinion des français lui 
est largement favorable ? Vous n'êtes pas le seul, plusieurs personnes sur le 
net ont déjà manifesté leurs soupçons concernant notamment l'un des instituts 
qui nous abreuve en permanence de tels sondages. Attention, loin de moi 
l'idée de remettre en cause la légitimité de l'élection de notre président au 
mois de Mai dernier, qui est incontestable. Mais j'avoue en avoir plus 
qu'assez qu'en France, beaucoup de media prennent les gens pour des cons 
(parfois, il faut appeler un chat un "chat").</p> 
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p>Depuis son investiture, vous avez sans doute remarqué qu'à chaque moment 
clef émaillant le mandat de notre cher Président, le "bon sondage qui va 
bien" nous rassure et nous montre à quel point l'opinion des français lui 
est largement favorable ? Vous n'êtes pas le seul, plusieurs personnes sur le 
net ont déjà manifesté leurs soupçons concernant notamment l'un des instituts 
qui nous abreuve en permanence de tels sondages. Attention, loin de moi 
l'idée de remettre en cause la légitimité de l'élection de notre président au 
mois de Mai dernier, qui est incontestable. Mais j'avoue en avoir plus 
qu'assez qu'en France, beaucoup de media prennent les gens pour des cons 
(parfois, il faut appeler un chat un "chat").</p> 
<!--break-->
<p>Ainsi, juste après TF1 dont le but avoué est de <a 
href='http://www.acrimed.org/article1688.html'>vendre "du temps de cerveau 
disponible" pour la pub</a> via l'abrutissement général , regardons de plus 
près la dernière "machine à décerveler" en date : <b>Opinion Way</b> ; car 
avant de prendre pour argent comptant les pourcentages précieux relayés par 
cet institut, plusieurs choses sont à savoir ...</p>

<p><b>N.B. : </b><i>ce texte reprend plusieurs informations obtenues à partir 
de recherches dans les journaux et sur le web (divers blogs, fora, sites, et 
quelques pages qui ne sont "plus disponibles" mais que l'on peut retrouver 
via le cache de google). Je n'ai pas pris le temps de tout citer, une simple 
recherche dans google amènera déjà beaucoup de matériel à ceux qui voudraient 
vérifier.</i></p>


<h2>Il ne s'agit pas d'un institut de sondages stricto sensu.</h2>

<p>En jetant un oeil sur le site d' <a 
href='http://www.opinion-way.com'>Opinion way</a>, on voit en première page 
la raison d'être de cet institut :</p> 
<blockquote><p>Opinion way a été créée en Mars 2000 avec une idée fondatrice simple: 
rendre plus innovant le marché des études.
</p></blockquote>
<p>Il s'agit ainsi d'anciens membres d'IPSOS qui ont décidé de fonder un 
institut d'<i>études de marché</i>, et qui n'est pas du tout un institut de 
sondages (bien que la frontière entre les deux puisse être parfois mince il 
est vrai) :</p>
<blockquote><p>
Nous intervenons dans de nombreux domaines comme la compréhension des marchés, 
les problématiques de marques, le développement de produits et de services... 
auprès de cibles BtoB ou BtoC pour des clients à forte notoriété.[BtoB : 
"Business to Business" ; BtoC : "Business to Consumer"]
</p></blockquote>

<p>Par ailleurs, en faisant rapidement quelques recherches (google est un 
outil merveilleux - et quasi-satanique ! - quand on sait bien l'utiliser), on 
s'aperçoit que Monsieur Hugues Cazenave n'est pas seulement l'un des membres 
fondateurs de opinion way, mais qu'il est également président du SYNTEC [le 
Syndicat Patronal de la branche d'Activité des Etudes Informatiques et 
Technologies de l'information]. Et justement, sur le <a 
href='http://www.syntec-etudes.com/Adherent_Details.asp?numero=53'>site du 
SYNTEC</a>, on trouve notament la présentation suivante pour OpinionWay :</p>
<blockquote><p>
OpinionWay est un institut d'études qui a pour ambition d'enrichir le recueil, 
l'analyse et l'exploitation de l'information, à partir de 
trois "regards" :<br/>
Un "regard panoramique" grâce aux études quantitatives et au desk research qui 
permettent une vision macro-économique ou macro-sociale d'un marché, d'un 
produit ou d'une cible ; un "regard rapproché", qui s'appuie principalement 
sur des approches qualitatives, ethno-visuelles et lexicologiques ; et 
un "regard expert" à partir d'interventions de spécialistes et de 
consultants.
</p></blockquote>
<p>Le terme "ethno-visuelle" ne vous rappelle rien ? d'un coup je me suis 
souvenu que le gouvernement avait tenté il n'y a pas si longtemps, de faire 
accepter la notion de sondage "éthnique" (qui fut rejetée par le conseil 
constitutionnel, arguant d'une non-conformité avec les fondements de notre 
république). Ca aurait peut-être arrangé Opinion Way ... dommage. Mais 
poursuivons, toujours sur le site du SYNTEC : </p>
<blockquote><p> 
C'est en optimisant le "mix méthodologique" et en confrontant ces trois 
regards qu'OpinionWay peut aller plus loin et fournir des résultats encore 
plus utiles. OpinionWay propose également à ses clients un nouveau partage de 
l'information, grâce à des "workshops" opérationnels, un "espace client" en 
ligne, un suivi du terrain à distance en temps réel et à l'utilisation du 
rich média dans les livrables. 
</p></blockquote>
<p>On est ainsi coeur du problème : <b>nous sommes en présence d'un institut 
d'études de marchés qui réalise des sondages politiques sur commande.</b></p>

<h2>La méthode est très discutable.</h2>

<p>Comment Opinion Way réalise-t-elle ses enquêtes ? la réponse est simple, 
les personnes sont invitées à répondre sur internet. Or, même si les accès 
internet se sont considérablement développés depuis un moment, il est évident 
que cette méthode d'enquête ne peut pas être "représentative" de toutes les 
classes sociales composant la population. Bien entendu, il y a certainement 
une prise en compte de cet effet et des correctifs appliqués. </p>

<p>Mais il y a plus génant encore : <b>OpinionWay rémunère les personnes 
sondées !</b> A la question <i>"Les internautes sont-ils rémunérés pour 
participer aux enquêtes ?"</i>, Hugues Cazenave répond dans un <a 
href='http://www.strategies.fr/archives/1191/sol119100101/hugues-cazenave---en-quete-d--opinions.html'>entretient 
donné à "Stratégies" en 2001</a>:</p>

<blockquote><p>En général, oui. Les Français savent que leur avis a une valeur. 
Proposer un incentive (ces cadeaux, promotions, points de fidélités que nous 
offrons aux gens en échange de leur participation à nos enquêtes) est devenu 
incontournable. Mais il convient de suivre quelques règles: choisir 
l'incentive qui correspond à sa cible (une bouteille de vin séduira plus les 
hommes que les femmes), savoir le doser en valeur (un cadeau trop cher 
attirera un certain type de population), etc. De manière générale, la 
pratique de l'incentive devrait se généraliser, quel que soit le type 
d'étude. C'est la seule façon de lutter contre la baisse tendancielle des 
taux d'acceptation des enquêtes sur échantillon.
</p></blockquote>

<p>Lorsqu'il s'agit de fidéliser une clientèle afin d'avoir leur retour sur 
des produits, cette méthode se comprend. Mais cela prend un tour plutôt 
génant selon moi lorsque l'on prétend donner un panorama représentatif 
d'opinons politiques, qui peuvent aller jusqu'à influencer les plus hautes 
sphères.</p>

<p>Bien entendu, l'avantage est que précisement parcequ'il ne s'agit pas d'un 
institut de sondages, Opinion Way n'est pas tenu de mentionner à chacun de 
ses sondages la méthode utilisée. Vous avez sans doute remarqué que pour les 
sondages IFOP, SOFRES, BVA etc ... on trouve toujours une mention de la 
méthode, du genre :</p>
<blockquote><p>
Enquête réalisée les 24 et 25 octobre 2007 pour le Figaro-Magazine auprès d'un 
échantillon national de 1000 personnes représentatif de l'ensemble de la 
population âgée de 18 ans et plus, interrogées en face-à-face à leur 
domicile. Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage PCS) et 
stratification par région et catégorie d'agglomération.
</p></blockquote>
<p>Alors qu'en guise de mention exacte pour Opinion Way, on trouve ceci : </p>
<blockquote><p>
 Sondage Opinion Way pour LCI Le figaro.
</p></blockquote>

<p>Maintenant, venons-en à la question de savoir comment Opinion Way recrute 
ses "sondés" : il s'agit en fait de s'inscrire sur un site appelé 
"Newpanel" (créé lui-même par Opinion Way) ; or <a 
href='http://www.newpanel.com'>voici ce qu'on y lit</a> :</p>
<blockquote><p>
NewPanel a été lancé par OpinionWay, le premier institut européen d'études 
online. fondé par des spécialistes de l'opinion et du marketing, formés dans 
les plus grandes sociétés d'études européennes. OpinionWay, société 
indépendante, a déjà interrogé des dizaines de milliers de personnes en 
Europe pour le compte de grandes entreprises et d'institutions reconnues.
[...]
Cette participation vous permet de donner votre avis, de participer à 
l'amélioration et au développement des produits et services de demain tout en 
gagnant des points avec notre partenaire ou des cadeaux.
[...]
Nous identifions les membres de NewPanel dont l'avis ou l'opinion est 
susceptible d'être utile et leur demandons de répondre à l'étude. Nous 
récupérons les avis que vous avez formulés sur les questionnaires et nous les 
traitons statistiquement (conformément à la loi informatique et liberté) et 
informons la société des avis donnés. La société peut ainsi mieux comprendre 
cette population, mieux évaluer sa publicité, améliorer le produit qu'elle 
développe et agir en fonction de ce que vous avez exprimé.
</p></blockquote>

<p>Et à la question <i>"Comment serai-je contacté ?"</i>, voici la réponse 
que l'on trouve toujours sur le même site:</p>

<blockquote><p>
En général, nous vous contacterons par e-mail en vous demandant de vous 
connecter sur un questionnaire sur notre site (un lien sur l'e-mail vous 
permettra d'y aller directement). Parfois, nous vous demanderons de répondre 
directement sur l'e-mail en retour (questionnaire intégré) ou de participer à 
des discussions online (grâce à un système de "chat"). Il peut aussi nous 
arriver assez régulièrement, de vous envoyer des produits par la poste afin 
que vous les testiez pour nous (c'est pourquoi nous vous demandons votre 
adresse).
<br/>
Enfin, pour certaines études, nous pourrions avoir besoin de vous rencontrer 
ou de discuter directement avec vous. Dans ce cas nous vous contactons une 
première fois, avant l'étude, pour vérifier que vous souhaitez bien y 
participer.
</p></blockquote>

<p>Voila le principe clairement exposé : le sondage se fait par 
clientélisme ... oserais-je penser que si mon opinion ne va pas dans le sens 
voulu (comprenez, dans le sens du Figaro qui est tout de même le 
commanditaire le plus récurrent), je risque de ne pas être recontacté ? </p>


<h2>L'utilisation des résultats.</h2>

<p>Il est fort bien connu que l'interprétation des chiffres se fait selon ce 
qui arrange, quelque soit les opinions. Mais il y a plus grave : on a pris 
plus d'une fois <i>Le Figaro</i> en flagrant délit de détournement des 
questions posées. On se souvient par exemple du sondage réalisé par le CSA, 
suite à l'affaire Guy Roux qui rampilait. La question qui était posée est <a 
href='http://www.csa-fr.com/dataset/data2007/opi20070802-l-opinion-des-francais-sur-le-travail-apres-65-ans.htm'>la 
suivante</a>:</p>
<blockquote><p>
Seriez-vous tout à fait favorable, plutôt favorable, plutôt pas favorable ou 
pas favorable du tout à ce qu'un salarié <u>puisse</u> travailler après 65 
ans s'il le souhaite ?
</p></blockquote>
<p>Le total cumulé des réponses positives était de 63%, et <i>Le Figaro</i>, 
de titrer fièrement dans son <a 
href='http://www.lefigaro.fr/retraite/20070814.WWW000000203__des_francais_veulent_travailler_apres_ans.html'>édition 
du 14 Août 2007</a> :</p>
<blockquote><p> 63% des Français <u>veulent</u> travailler après 65 ans.
</p></blockquote>
<p>On voit un net glissement qui n'est pas déontologiquement acceptable (à 
moins de supposer que "pouvoir" égale "vouloir"). CSA est tout de même un 
organisme un peu plus sérieux qu'Opinion Way, et que l'on ne peut pas taxer 
de "gauchisme" (puisqu'il est détenu pour plus de 40% par un certain M. 
Bolloré ... ce nom ne vous rappelle rien ? oui oui, celui du Yacht !)</p>

<p>Mais revenons-en à Opinion Way. Une petite remarque au passage : tout les 
(soit-disant) sondages effectués par cet institut en 2007 furent commandés 
par Le Figaro, LCI, Le JDD, et Métro (évidement, il ne s'agit pas d'une 
presse spécialement ancrée à gauche), alors que pour les véritables instituts 
de sondages, on en retrouve une trace dans la plupart des journaux de la 
grande presse nationale (Le Figaro, Le Monde, etc ...).</p>

<p>Et on comprend bien cette attirance de la part du Figaro et consort : 
souvenez-vous du débat télévisé de l'entre-deux tours pendant les 
présidentielles. Très rapidement, c'est bien Opinion Way qui a clamé haut et 
fort que Nicolas Sarkozy avait remporté la bataille :</p> 
<blockquote><p> 53% des personnes interrogées ont jugé le candidat UMP "plus 
convaincant", contre 31% pour la candidate PS. 16% répondent ni l'un ni 
l'autre ou ne se prononcent pas.
</p></blockquote>
<p>Or évidemment, l'étude était invérifiable car non déposée (toujours pour 
les même raisons vues plus haut), et on a appris ensuite qu'elle n'avait été 
faite que sur un échantillon d'environ 1000 personnes, par internet ; alors 
que pour une étude de ce genre, on considère qu'il faut un échantillon de 
l'ordre de 5000 personnes, si possible représentatif (afin d'utiliser le 
moins de correctifs possibles). Autre petit exemple :</p> 
<blockquote><p> Un sondage <a 
href='http://www.metrofrance.com/fr/article/2007/06/21/19/2004-48/index.xml'>OpinionWay 
publié le 21 juin 2007</a> pour métro annonçait que 71% des Français étaient 
satisfaits de la composition du gouvernement.
</p></blockquote>
<p>Alors que pour un <a 
href='http://www.csa-fr.com/dataset/data2007/opi20070621-opinion-des-francais-sur-la-composition-du-gouvernement-de-francois-fillon.htm'>sondage 
CSA du 24 juin 2007</a>, ils n'étaient plus que 52%, soit un écart de 19 
points !! (en 3 jours, ça fait quand même beaucoup) ... Enfin, c'est encore 
Opinion Way qui a osé sortir ce magnifique sondage que l'on a tout de même 
peine à croire : </p>
<blockquote><p>
Le candidat UMP a été jugé convaincant par 79% des Français et 69% des 
sympathisants de gauche lundi soir sur TF1, selon un sondage Opinion Way pour 
LCI et Le Figaro.
</p></blockquote>
<p>Fantastique, n'est-ce pas ?</p>


<p>Bizarrement, aucun sondage Opinion Way sur le fait qu'une majorité des 
français se soucient de leur pouvoir d'achat et doutent de l'action du 
gouvernement ; rien, aucun sondage qui pourrait mettre à mal la présidence 
n'est effectué (<a 
href='http://www.opinion-way.com/pages/expertise-etudes.php'>voir la liste 
des sondages Opinion Way</a>). Coïncidence ?

<h2>Et les autres instituts dans tout ça ?</h2>

<p>J'ai fait une recherche rapide concernant les autres instituts de sondage, afin d'avoir une meilleur vision de la situation. Et j'avoue que je ne m'attendais pas à ce que j'ai trouvé (sans doute faut-il que j'arrête de lire ``Oui-oui et Potiron vont à la plage'' ...).</p>

<p>On commence par l'institut CSA : ce groupe est <a href='http://www.csa-fr.com/group/presentation_f2.htm'>détenu pour 44% par Vincent Bolloré</a>, avec l'intention de devenir majoritaire d'ici peu. Vous vous souvenez sans doute de ce nom, récemment attaché à une célèbre croisière dans un yacht.</p>

<p>On continue par IFOP, dont l'actuelle pdg n'est autre que <a href='http://www.ifop.com/europe/groupeifop/parisot_fr.htm'>Laurence Parisot</a>, actuelle président du MEDEF.</p>

<p>Toujours plus loin, le directeur d'IPSOS, Pierre Giacometti fut l'un des <a href='http://www.marianne2.fr/Exclusif-les-invites-du-President-au-diner-du-Fouquet-s_a80603.html'>invités de N. Sarkozy au Fouquet's</a> lors de la fameuse soirée de son élection. </p>

<h2>Conclusion :</h2>

<p>Qu'on ne se méprenne pas, je ne suis pas en train de remettre en cause la 
légitimité électorale de notre président ; je ne prétends pas non plus que 
celui-ci n'est pas "populaire" à l'heure où j'écris ces lignes ; je ne dis 
pas enfin que tous les sondages sont nécessairement "faux".</p>

<p>Mais vu la proximité des instituts de sondage avec le pouvoir, je n'ai pas l'intention de boire aveuglement les sondages 
relayés par le Figaro et consort sans faire marcher mes cellules grises un 
minimum. Spécialement en ce qui concerne les "pseudo-sondages" Opinion Way 
merci, c'est sympa de les faire tourner, c'est comme des bons pétards : ça 
shoote un moment, on se dit qu'on est bien et on arrête de réfléchir ... </p>

<p>Mais non, désolé, sans moi.</p>
    ]]></content>
  </entry>
  <entry>
    <title>La Démocratie des Sauterelles</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://moutons.karma-lab.net/node/37" />
    <id>http://moutons.karma-lab.net/node/37</id>
    <published>2006-02-28T00:48:19+01:00</published>
    <updated>2007-06-16T16:08:28+02:00</updated>
    <author>
      <name>Piou</name>
    </author>
    <category term="Cogitations" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p class="teaser">
  Visiblement, le Ministère de la Culture a encore des progrès à faire pour décoder les comportements psychosociologiques sur Internet.
  Comme tant d’autres personnes, j’ai été consternée en découvrant le site <external href="http://www.lestelechargements.com" rel="nofollow" title="suivez le guide">lestelechargements.com</external>, créé officiellement pour lancer un « grand débat sur le web » autour des droits d’auteurs et du projet de loi DADVSI. Une seule réflexion me vient à l’esprit : accumuler tant d’impairs et d’erreurs en si peu de temps tient du record.
</p>    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p class="teaser">
  Visiblement, le Ministère de la Culture a encore des progrès à faire pour décoder les comportements psychosociologiques sur Internet.
  Comme tant d’autres personnes, j’ai été consternée en découvrant le site <external href="http://www.lestelechargements.com" rel="nofollow" title="suivez le guide">lestelechargements.com</external>, créé officiellement pour lancer un « grand débat sur le web » autour des droits d’auteurs et du projet de loi DADVSI. Une seule réflexion me vient à l’esprit : accumuler tant d’impairs et d’erreurs en si peu de temps tient du record.
</p><!--break-->

<h2>Beaucoup de bruits… pour rien ?</h2>
<p>
  Ce site pourrait devenir un exemple en matière de <q>A Ne Pas Faire avec le media Internet</q> : quand on vise une communication uniquement descendante et que l’on n’est pas prêt à gérer une forte interactivité, utiliser Internet est un non-sens. Je ne m’étendrai pas ici sur tous les points qui rendent sidérante cette initiative du Ministère. En effet, <a class='external' target='_blank' href='http://www.odebi.org/forums/index.php?showforum%20=73/' >d’autres forums</a> et blogs ayant suivi attentivement les péripéties de ce site depuis son ouverture sont beaucoup plus pertinents que moi sur ce sujet. Citons juste son budget aussi faramineux qu'inexplicable de 180&nbsp;000€, sa modération qui relève de la censure pure et simple, et le fait que les concepteurs de ce site semblent s'être acharnés à enchaîner les erreurs en matière de communication.
</p>

<p>
  Après une première visite se pose inévitablement la question suivante : mais qu’a donc voulu faire le Ministère de la Culture en créant un tel site ?
</p>

<p>
  D’un côté de la table, nous avons des artistes et des acteurs du monde musical et cinématographique venus témoigner devant la caméra de leurs angoisses concernant l’avenir de leur profession. Ils parlent inlassablement de téléchargements illégaux, de la licence globale qui n’est pas une solution acceptable, de pertes économiques qui seront fatales aux secteurs culturels, etc., etc.
</p>

<p>
  De l’autre côté, des centaines de commentaires postés en réponse par des internautes (partout où cela leur était possible et non censurés !), répétant eux aussi inlassablement quelques idées pourtant simples : <q>d’accord pour un téléchargement légal à un prix décent, mais sans DRM. Car c’est une ingérence dans mon usage privé d’un bien que j’ai acquis honnêtement</q>.
</p>

<p>
  Et un constat : il y a absence totale d’éléments de réponse et aucune mention au sujet des DRM dans tous les messages diffusés du côté ministère. Et comme ce site manque ostensiblement d’interactivité, on arrive très vite à ce qui ressemble à un dialogue de sourds.
</p>

<p>
  Ce qui amène ma deuxième interrogation : sur un site censé promouvoir le débat, pourquoi avoir instauré une telle absence de dialogue, avec cette impression persistante de propagande ?
</p>

<p><img src="http://moutons.karma-lab.net/files/moutons/37/graphique.png" style="float:left;width:300px;height:200px" border="0"/>
  Une sociologue américaine Sherry R. Arnstein avait publié une étude intitulée : <a class='external' target='_blank' href='http://lithgow-schmidt.dk/sherry-arnstein/ladder-of-citizen-participation.html' ><q>A Ladder of Citizen Participation</q></a> (Une échelle de la participation citoyenne). Elle y présente une grille de lecture découpée en huit niveaux, permettant de mesurer le degré de participation des citoyens dans la prise de décision sur des affaires publiques.
</p>
<br style="clear:left"/>
<p>Munie de cette grille de lecture, je repasse tout le film ‘dossier DADVSI’ depuis le début et à présent, tout s’éclaire enfin...</p>

<h2>Thérapie de groupe pour retrouver le droit chemin</h2>

<p>
  Il faut croire que les éminents membres composant le cabinet du Ministre de la Culture se sont dès le départ trompés sur la qualité du public à qui ils avaient à faire. Croyant s’adresser à des adolescents boutonneux avides de téléchargements à outrance, ils ont d’abord adopté la tactique correspondant aux niveaux 1 et 2, de notre grille : Manipulation et Thérapie.
</p>
<p>
  Sherry Arnstein décrit ces premiers niveaux comme totalement dénués de participation citoyenne, car les gens sont considérés comme ignorants et immatures sur le sujet, voire infantiles. Les gouvernants ne les consultent pas, mais s’intéressent à leurs préoccupations dans le but uniquement de <q>soigner</q> leurs angoisses, d’éduquer leurs pensées et d’exercer une sorte de police socioculturelle pour les ramener vers la bonne vision des choses. L’objectif ici est d’obtenir leur adhésion, et on s’appuie pour cela sur des faits <q>indiscutables</q> et des études soigneusement documentés par des experts du sujet.
</p>

<p>
  Voilà pourquoi notre Ministère de la Culture avait dans un premier temps misé sur la diffusion massive de messages informatifs, répondant avec plus ou moins de bonheur à des questions simplistes censées refléter les angoisses du public (souvenez vous de ces <a class='external' target='_blank' href='http://www.culture.gouv.fr/culture/1206/' >vidéos</a> dont nous parlions <a class='external' target='_blank' href='/node/8' >ici</a>). Appuyé par quelques opérations de relation presse, tout cela devait être suffisant pour faire passer vite fait bien fait ce <a class='external' target='_blank' href='http://moutons.karma-lab.net/files/moutons/7/document.pdf' >projet de loi</a>.
</p>

<p>
  Mais face à la réaction inattendue et explosive de communautés sur Internet, aux contre arguments donnés par des gens expérimentés en matière de technologies de l’information, il a fallu se rendre à l’évidence : on ne pouvait pas écarter ces internautes du débat. D’autant plus qu’ils avaient, de leur côté, abondamment alimenté leurs députés d’informations pointant sur les risques et les failles de ce projet DADVSI.
</p>

<h2>Rituel symbolique de participation citoyenne</h2>

<p>
  Changer de tactique et passer au stade suivant s’impose : vite, déroulons un rite de participation symbolique pour canaliser tous ces mécontentements avant le vote parlementaire en mars.
</p>
<p>
  <q>Participation symbolique</q> est le nom donné par Sherry Arnstein au deuxième stade dans son échelle. Ce stade regroupe les trois niveaux suivants de la grille, à savoir : Information, Consultation, et Apaisement. Les gouvernants considèrent à présent que le public est mature et capable de comprendre les enjeux. Mais l’association des citoyens aux prises de décision n’étant toujours pas prévue, on met donc en place une participation symbolique : un simulacre de consultation du public sera déroulé, et ce processus permettra aux gouvernants d’attester en toute bonne foi que les citoyens ont pu glisser un mot, à un instant donné du projet.
</p>

<p>
  Le niveau 3 est appelé Information car sous couvert d’une consultation et d’un dialogue, on se contente en réalité d’une communication à sens unique des gouvernants vers les citoyens. De plus, elle est généralement effectuée à un stade tellement avancé du projet qu’il n’y a pratiquement plus de recours possible pour l’amender. Concrètement, cela peut consister par exemple à ouvrir un <q><a class='external' target='_blank' href='http://www.lestelechargements.com' >débat public</a></q>  à dix jours seulement du vote parlementaire, sans aucune chance  que les contributions collectées auprès du public puissent modifier le projet de loi.
</p>

<p>
  Pour plus de sûreté, il est possible d’utiliser aussi une tactique du niveau 4, appelé Consultation. Comme son nom l’indique, cela consiste à consulter quelques membres des communautés concernées, sélectionnés sur des critères plus ou moins objectifs pour leur <q>représentativité</q> ou leur opposition proclamée au projet. Ensuite, on pourra par exemple <a class='external' target='_blank' href='http://clement.blogs.com/thomas_clment/2006/01/stairway_to_the.html' >les inviter à déjeuner</a> afin de recueillir leurs opinions, et tout cela peut fonctionner... sous réserve toutefois que leurs positions soient effectivement représentatives des préoccupations de la communauté.
</p>

<p>
  Bien entendu, ils n’interviennent pas dans la prise de décision. Pour reprendre les mots de S. Arnstein, ils ont juste <q>participé à la participation</q> et les gouvernants satisfaits peuvent dire qu’ils ont consulté le public avant leur décision.
</p>

<p>
  De plus, ces membres choisis, une fois de retour dans leur communauté, peuvent dans certains cas expliciter le discours des gouvernants. Tout le monde est alors très content : le gouvernant parce qu’il a l’impression d’être mieux compris, et le représentant, car il a l’impression de... représenter quelque chose. Sinon, à défaut d’un relais du discours, on aura souvent tout au moins gagné le silence des opposants identifiés.
</p>

<h2>La Démocratie des Sauterelles</h2>

<p>
  Ce cheminement explique très logiquement le dialogue de sourds qui se déroule sur lestelechargements.com : il n’a jamais été prévu que les artistes puissent discuter avec les internautes. 
</p>
<p>
D’ailleurs, pourquoi irait-on discuter avec des gens que l’on compare sans vergogne à des sauterelles, parasites nuisibles et huitième plaie de l’Egypte biblique?
</p>

<p>
  Une discussion implique qu’il y ait écoute respective, et réponse avec prise en compte des idées émises par son interlocuteur. On aurait alors un forum en lieu et place d’un pseudo blog avec espace de commentaires limité, filtré et censuré. Une succession d’idées postées les unes à la suite des autres, sans possibilité d’interagir, n’a jamais constitué un débat. De même, accepter que des mécontentements puissent s’exprimer mais sans y apporter de réponse n’a jamais été une preuve d’écoute, et ne garantit en rien que l’on saura en tenir compte. C’est tout au plus - pour reprendre les mots de <a class='external' target='_blank' href='http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2070328112/qid=1141040436/sr=8-1/ref=sr_8_xs_ap_i1_xgl/403-4276013-1478049' >Jean-Jacques Salomon</a> à propos du procédé symbolique de participation - <q>l’hommage du vice à la vertu démocratique.</q>
</p>


<p>
  Même si Publicis et le Ministère de Culture s’auto congratulent en parlant de réussite à propos du site lestelechargements.com (et c’est peut-être justifié, tout dépend des objectifs qu’ils se sont donnés au départ...), l’indignation unanime déclenchée par ce site montre qu’il y a encore eu erreur tactique, et que ce n’est toujours pas la bonne approche.
</p>

<p>
  Allez, cher Ministère, encore un petit effort à faire pour que le bon peuple puisse croire vraiment en votre ambition démocratique et participative !
</p>
    ]]></content>
  </entry>
  <entry>
    <title>Grenouille en eau tiède</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://moutons.karma-lab.net/node/30" />
    <id>http://moutons.karma-lab.net/node/30</id>
    <published>2006-01-21T00:23:41+01:00</published>
    <updated>2007-06-16T16:09:33+02:00</updated>
    <author>
      <name>Piou</name>
    </author>
    <category term="Cogitations" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p class="teaser">Plusieurs semaines se sont écoulées depuis que nous avons ouvert ce site et le premier sujet traité fut l’affaire « Loi DADVSI », actualité oblige.</p>

<p>Il a beaucoup fait tourner mes neurones et alimenté pas mal de discussions à la maison, entre la poire et le café (heu oui, on ne mange pas souvent du fromage avec Ulhume...)</p>
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p class="teaser">Plusieurs semaines se sont écoulées depuis que nous avons ouvert ce site et le premier sujet traité fut l’affaire « Loi DADVSI », actualité oblige.</p>

<p>Il a beaucoup fait tourner mes neurones et alimenté pas mal de discussions à la maison, entre la poire et le café (heu oui, on ne mange pas souvent du fromage avec Ulhume...)</p>
<!--break--> 
<p>Ailleurs, sur un forum consacré à un tout autre thème, j’ai eu quelques échanges au sujet de DADVSI, mais la discussion a vite tourné en rond pour se finir en eau de boudin.</p>
<p>Je crois que mon interlocuteur avait du mal à intégrer toutes les informations que je lui déversais pour étayer mon argumentation. Pourtant, je pensais bien faire, et j’espérais ainsi lui faire profiter des résultats d’un travail de plusieurs semaines. Une sorte de point de Godwin a été atteint à mes yeux quand cette personne a lancé la réflexion suivante : <q>Nous sommes 6.5 milliards d'êtres humains sur terre. Dont une grande majorité pense d'abord à se nourrir et à avoir un toit où dormir. L'open Source et la DRM doivent être loin de leurs pensées. Et de leur vision de la Liberté.</q>.</p>
 
<p>Tout est dit : ce débat est un problème de riches, et il y a des sujets bien plus importants dans le monde (comme la faim, la guerre, la peste et le choléra, les pitits nenfants qui souffrent, l’élection de Miss France…)</p>

<p>En analysant a posteriori cette discussion et sa remarque, j’ai été d’abord déçue, puis glacée par les conclusions auxquelles je suis arrivée. </p>

<p>Je ne m’intéresse pas à cette histoire de DRM et consort parce que je me sens l’âme d’une anarchiste « pasionaria » du Net. De toute façon, je me méfie des trucs qui se finissent en « isme ». Mais cette « bataille » rejoint un thème majeur qu’il faut de toute urgence éclairer et expliciter, pour pouvoir ensuite décider ensemble de ce qu’il convient de faire. Je parle évidemment de l’impact des technologies de l’information dans nos sociétés, de l’énorme chance et de la suprême menace qu’ils incarnent. 
<p>Depuis plus de dix ans maintenant, j’ai cette intuition chevillée en moi qu’il y a quelque chose de formidable et de terrifiant dans cette révolution technologique. Elle touche au fondement même de l’esprit humain, car l’information est la brique qui construit notre perception du monde, notre « réalité » si vous préférez. Elle est l’ingrédient de base qui nourrit notre pensée. Et comme me l’a dit un jour un ami et pratiquant émérite de yoga : </p>
<q>Prends une pensée et répète la tous les jours, tu en feras une action.<br/>
 
Prends une action et répète la tous les jours, tu en feras une habitude.<br/> 

Prends des habitudes et répète les toute une vie, tu en feras un destin.</q>

<p>Moi, j’ajouterais bien cette phrase en préambule : </p><q>Prends une information, répète la tous les jours et tu en feras une pensée.</q>

<p>Au cours des échanges que j’ai eus à propos du dossier DADVSI, j’ai été terriblement déçue et frustrée de n’avoir pas réussi à faire passer ce message. Je me rends compte que c’est très abstrait pour la plupart des gens, et qu’ils n’arrivent pas à voir derrière le voile de l’immédiateté. Comment parvenir à exposer l’enjeu réel de tout cela ?
Il pourrait se résumer ainsi : <q>Qu’implique le verrouillage informationnel sur notre perception du monde ? </q>. Ou exprimé encore autrement, dans quelle mesure devons nous tolérer la censure...</p>

<p>J’ai cru au départ que cette incompréhension était liée à la complexité « technique » du sujet, et qu’il était de la responsabilité de ceux qui avaient la connaissance d’en donner l’accès aux autres en le démystifiant. Mais je réalise aujourd’hui qu’il faudrait bien plus que cela.</p>

<p>Il faudrait donner aux gens l’envie de savoir, leur inspirer une prise de conscience, ou je ne sais pas quoi exactement. Quelque chose qui les aide à percevoir que la liberté de pensée ne peut s’envisager sans la garantie fondamentale que l’information ne sera ni orientée, ni contrôlée. Peut-être pourrait-on déclencher cela en prescrivant une relecture complète de <i>Fahrenheit 451</i> (R. Bradbury) et du <i>Meilleur des Mondes</i> (A. Huxley) ? Assortie d’une privation totale de télévision, si les symptômes persistent ?</p>

<p>Une expérience consiste à jeter une grenouille dans une casserole d’eau très chaude. La grenouille bondit immédiatement hors de la casserole, à cause de la chaleur. 
On reprend la même grenouille, on la place dans une casserole d’eau froide et là, elle accepte d’y rester. La température de l’eau est alors augmentée progressivement, degré par degré, et très lentement. La grenouille ne bouge pas, s’habituant au fur et à mesure à la température de l’eau.</p>
<p>Elle finit par y mourir ébouillantée quand l’eau est devenue trop chaude, sans même avoir cherché à s’en échapper.</p>

<p>C’est parce que je ne veux pas finir en grenouille ébouillantée ou en brebis mécanique tondue que ce site existe.</p>     ]]></content>
  </entry>
  <entry>
    <title>DRM, car nous sommes tous des délinquants</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://moutons.karma-lab.net/node/10" />
    <id>http://moutons.karma-lab.net/node/10</id>
    <published>2006-01-06T00:27:48+01:00</published>
    <updated>2007-06-16T16:10:29+02:00</updated>
    <author>
      <name>Ulhume</name>
    </author>
    <category term="Cogitations" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p class="teaser">Je dois bien avouer que la tournure prise ces temps derniers par le débat sur DADVSI m'agace un peu. D'accord, la licence globale a surpris tout le monde, et devant l'énormité de l'événement il était logique que chacun y aille de son avis, plus ou moins fleuri. Mais si le sujet est définitivement intéressant, il n'en est pas pour autant essentiel. L'aspect fondamentalement dérangeant dans DADVSI est, et reste, la légalisation des verrouillages de contenus, techniquement parlant, les DRM. Et arrêtez moi si je me trompe, mais j'imagine assez mal comment pourait fonctionner une telle licence, s'il est illégal de contourner la protection des contenus. </p>    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p class="teaser">Je dois bien avouer que la tournure prise ces temps derniers par le débat sur DADVSI m'agace un peu. D'accord, la licence globale a surpris tout le monde, et devant l'énormité de l'événement il était logique que chacun y aille de son avis, plus ou moins fleuri. Mais si le sujet est définitivement intéressant, il n'en est pas pour autant essentiel. L'aspect fondamentalement dérangeant dans DADVSI est, et reste, la légalisation des verrouillages de contenus, techniquement parlant, les DRM. Et arrêtez moi si je me trompe, mais j'imagine assez mal comment pourait fonctionner une telle licence, s'il est illégal de contourner la protection des contenus. </p><!--break-->


<h2>DRM, danger technique, économique et moral</h2>

<p>Présentés un peu rapidement par certains comme une absolue nécessité, les DRM sont surtout des outils dangereux. Dangereux car intrusifs de nature et opaques dans leur fonctionnement. Dangereux car offrant à une poignée d'industriels le monopole du contenu et des logiciels permettant d'y accéder. Enfin dangereux car ils sous-entendent que si vous ne fraudez pas encore, vous le ferez un jour. En quelque sorte, avec les DRM vous êtes déjà coupable.</p>

<p>Le coeur de motivation des pro-DRM nous est présenté comme étant la protection des droits d'auteur, de la création et donc la survie des artistes. Et je leur donne raison sur ce point. Les pratiques de téléchargement sauvage des contenus soumis à droit ne peuvent plus durer. De louables intentions en somme. En surface du moins, car il apparaît très vite que deux métiers vieillissants, l'édition logiciel et l'édition musicale, jouent en réalité une dernière carte pour leur survie. Mais avant d'aller plus loin, il s'agit déjà de comprendre comment fonctionnent ces fameux DRM.</p>


<h2>DRM sous un scalpel</h2>

<p>Petit préambule à l'explication qui va suivre, les DRM pour fonctionner ont besoin de chiffrer (c'est à dire crypter avec une clef) les fichiers qu'ils protègent. <strong>Chiffrer un fichier</strong> consiste, schématiquement, à brouiller son contenu à l'aide d'une <strong>clef secrète</strong> (une sorte de code secret). Une fois chiffrée, le fichier ne peut plus être lu sans un <strong>logiciel de déchiffrage compatible</strong> et, bien sûr,  sans la <strong>clef secrète</strong>. <external class="more" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cryptographie" title="Pour plus d'informations sur la cryptographie, un article WikiPedia...">[en savoir plus...]</external></p>

<p>Lorsque vous achetez de la musique sur Internet, les DRM sont déjà systématiquement utilisés. Il y a de <strong>nombreux types de DRM</strong>, tous différents les uns des autres. Pour l'explication, inspirons-nous du système de Microsoft (adopté par la Fnac et Virgin) et voyons, de manière très simplifiée, comment tout cela est orchestré :</p>
<ol>
  <li>Vous venez donc d'acheter un morceau de musique chez un fournisseur, et vous vous apprêtez à le télécharger sur votre ordinateur.</li>
  <li>Avant de vous l'envoyer, le serveur de votre fournisseur chiffre le fichier avec une clef secrète. Peu de temps après vous recevez votre morceau de musique, chiffré mais <strong>sans la clef secrète</strong>. Le serveur la garde pour le moment. </li>
  <li>Vous devez maintenant utiliser un <strong>lecteur compatible</strong>, Windows Media Player dans notre exemple, pour lire votre musique.</li>
  <li>Le lecteur va détecter que le fichier est chiffré, et qu'il est donc protégé par un DRM. Il recontacte alors le serveur pour lui demander la clef secrète nécessaire pour poursuivre la lecture.</li>
  <li>Avant de la lui envoyer, le serveur demande au lecteur le <strong>numéro de série</strong> de votre ordinateur.</li>
  <li>Le serveur met à jour votre "fiche client" pour y inscrire le numéro de série du morceau de musique concerné suivi de celui de l'ordinateur sur lequel vous désirez l'écouter.</li>
	<li>Le serveur fabrique ensuite un fichier que l'on appelle <strong>licence</strong>. Cette licence contient la clef secrète de déchiffrage, mais aussi une <strong>liste de règles</strong> décrivant ce que vous êtes autorisé à faire avec ce morceau de musique.</li>
  <li>Le serveur envoie cette licence à votre lecteur qui la "cache" sur votre disque dur.</li>
  <li>Le lecteur dispose maintenant du morceau de musique et de sa licence.  Il vérifie dans celle-ci que vous avez bien le droit de lire le morceau. Et, si tout est en règle, il peut utiliser la clef secrète pour déchiffrer le fichier.</li>
  <li>Vous pouvez enfin écouter votre musique.</li>
</ol>

<p>Comprenant mieux le fonctionnement des DRM, on imagine alors mieux les règles (celles contenues dans la licence) qu'ils permettent d'imposer :</p>
<ul>
  <li>Si vous transférez le morceau sur une autre machine, le lecteur ne trouvant plus de licence va à nouveau contacter le serveur pour en obtenir une. Votre "fiche" sera mise à jour et le serveur "saura" que vous avez installé cette musique une deuxième fois. </li>
  <li>Si vous dépassez le nombre maximum d'ordinateurs autorisés (5 avec iTunes), le serveur refuse alors de vos donner une nouvelle licence. Vous devez lui demander de retirer une licence à un ordinateur pour la donner à un autre.</li>
  <li>La licence peut imposer une limitation dans le temps, une vidéo pendant 2 jours par exemple. Passé ce délai, le fichier pourra être détruit par le lecteur</li>
  <li>etc...</li>
</ul>

<p>Enfin, il est important de noter que la gestion de ces DRM est assurée par un ensemble de logiciels généralement fournis par un seul et même éditeur (dans notre exemple Microsoft). Cette suite comprend  :</p>
<ul>
  <li><strong>Les serveurs de DRM</strong> qui fabriquent les fichiers chiffrés et les licences. Ils ont été choisis et achetés par votre fournisseur de contenu.</li>
  <li><strong>Un format de fichier</strong> (musical ou vidéo) souvent spécifique à ce même éditeur.</li>
  <li><strong>Un lecteur de contenu</strong> fourni par l'éditeur et généralement seul capable de comprendre le format de fichier ET le type DRM utilisé par les serveurs.</li>
</ul>

<p>A ceux qui désirent une information plus technique sur les DRM je conseille de lire ces pages décrivant le fonctionnement de <external href="http://www.microsoft.com/windows/windowsmedia/howto/articles/drmarchitecture.aspx" title="Architecture of Windows Media Rights Manager">windows Media Player</external>.</p>


<h2>Un DRM, mais qui m'en protège ?</h2>

<p>Déjà, qu'est-ce que l'<strong>interopérabilité</strong>. Très simplement, il s'agit de la capacité qu'ont deux systèmes informatiques <strong>différents</strong> à savoir travailler <strong>ensemble</strong>. Ils peuvent être interopérables s'ils parlent le même langage, ou s'ils comprennent les mêmes formats de fichier.<external class="more" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Interopérabilité" title="Pour plus d'informations sur l'interopérabilité, un article su WikiPedia">[en savoir plus...]</external></p>

<p>A titre d'exemple, prenons le format des documents Word. Personne, mis à part Microsoft, ne connaît réellement la structure interne des fichiers .doc. Personne n'a d'ailleurs officiellement le droit de l'utiliser ! Ainsi les autres traitements texte ne peuvent pas le relire correctement, comme c'est le cas pour OpenOffice. Ce système ne permet donc pas l'interopérabilité avec d'autres systèmes et la conséquence est d'un, que Word vous est imposé, de deux, que si Word disparaît, vos fichiers sont eux aussi perdus. On dit que Word utilise un format <strong>propriétaire ou encore, fermé</strong>.</p>

<p>A contrario, prenons le format de fichier <external href="http://fr.wikipedia.org/wiki/OpenDocument" title="Article WikiPedia sur le format OpenDocument">OpenDocument</external>. Vous avez aujourd'hui une demi-douzaine de traitements de texte qui savent lire et écrire ce format. Même Word pourrait le faire, car c'est un <strong>un standard ouvert</strong>. Vous avec donc le choix des outils. Et dans 10 ans, même si OpenOffice disparaît, il y aura toujours moyens pour vous de relire vos documents. </p>

<p>A l'image de Word, les DRM sont des formats propriétaires et fermés. Et ce n'est pas anodin, car cela place leurs éditeurs dans une position très intéressante. En effet, s'ils parviennent à vendre leur système à un fournisseur de contenu, ils obligent du coup tous les clients de ce fournisseur à utiliser LEUR lecteur. L'absence d'interopérabilité vous ôte tout choix. Et dans 10 ans, vous musiques seront elles encore lisibles ?</p>

<p>Et pourtant, il <external href="http://www.openmediacommons.org/" title="La preuve, j'en ai trouvé...">existe des DRM reposant, comme l'OpenDocument, sur des standards ouverts</external>. C'est donc un choix de l'éditeur et du fournisseur de contenu. En effet, une société comme Apple, n'a aucun intérêt à adopter un format ouvert car il perd du coup un monopole bien juteux. C'est ainsi que la majorité des acteurs du DRM proposent leur propre système espérant obtenir une part du gâteau.</p>

<p>Cette <external title="Un exemple de mésaventure sur un site non interopérable avec mon système" href="http://moutons.karma-lab.net/files/moutons/virgin-linux.jpg">copies d'écran du site virginmega.fr</external> est l'exemple même des ennuis que m'impose une non interopérabilité. Mon système n'est pas compatible avec les DRM utilisés sur ce site et je ne pourrais donc pas y acheter ma musique. J'apprécie d'ailleurs énormément l'ironie de l'équipe Virgin qui me présente une liste de systèmes d'exploitation éligibles ne contenant... que Windows. Même topo à la Fnac...</p>

<p>Si j'utilisais un Mac, je pourrais me consoler en me disant que mon système apparaîtra sûrement un jour dans la liste... Mais pour mon "malheur", j'utilise linux. Et dans ce cas de figure, c'est l'impasse totale. En effet, la structure "code ouvert" du logiciel libre (cf. <external title="Un autre billet  que j'ai écrit sur ce sujet" href="node/4">DADVSI code</external>) interdit d'y intégrer des formats propriétaires et fermés. Car les petits secrets ne tiennent pas bien longtemps quand les sources sont visibles par tous. Donc pour Linux, sans standard, point de salut. Et les choses se compliquent encore lorsque l'on sait que certains éditeurs ne sont pas très joyeux à l'idée d'un système d'exploitation libre qui prendrait de l'ampleur. Ils ont là aussi tout intérêt à ne pas jouer la carte de l'interopérabilité.</p>

<p>Mais ce phénomène n'est pas nouveau. La majorité des formats audio ou vidéo ne sont pas ouverts et cela n'empêche pourtant pas d'utiliser du libre pour <external title="Le site de l'auteur de ce logiciel qui n'est autre que le garçon qui a déjà contourné la protection des DVD" href="http://nanocrew.net/software/sharpmusique/">acheter des morceaux de musiques sur iTunes</external> ou <external title="exemple de logiciel multi plateforme capable de cette prouesse ;-)" href="http://www.mplayerhq.hu/homepage/design7/news.html">lire des vidéos au format Microsoft</external>. Comment ? En contournant la protection, en analysant les formats à la loupe et en fabriquant des systèmes compatibles malgré l'absence de standard. En d'autres termes, si l'on parle avec le langage de DADVSI, en faisant de la contrefaçon.</p>

<p>Dernière chose, maintenant que nous sommes plus intimes avec nos DRM, tentons d'en imaginer les dérives. Les DRM, nous l'avons vu, imposent l'installation sur votre PC d'un lecteur fermé et verrouillé. Nous avons aussi vu que ce lecteur échange des données avec le serveur. Et pour protéger leurs conversations, ces deux logiciels, lecteur et serveur, utilisent une connexion chiffrée, vous empêchant d'en connaître la nature exacte. Cela ne vous inquiète pas ? Officiellement, nous "savons" qu'il n'y circule que des licences et de la musique. Mais pourquoi s'arrêter là ? Ils peuvent aussi facilement envoyer la liste de tous les fichiers présents sur mon ordinateur, le contenu de mes mails, les historiques de mes messengers, des photos prises avec ma webcam... Paranoïaque ? Oui, sûrement. Mais qui m'assure du contraire ? Les frasques de <external title="Ce qu'a inventé sony cette fois-ci risque de vous étonner"  href="http://formats-ouverts.org/blog/2005/11/14/614-vous-allez-etre-epate-par-la-trousse-du-grand-chef">Sony</external> ne sont surement pas là pour me rassurer ! Et encore moins la récente découverte des <external href="http://news.com.com/2100-1029_3-6026542.html" title="Article en anglais expliquant ce qu'iTunes fait dans votre dos">fonctions bonus d'iTunes</external>,  consistant à <external href="http://www.mcelhearn.com/article.php?story=20060112175208864" title="Une analyse détaillé des indiscretions d'iTunes. Attention, article en Anglais">communiquer à Apple des informations personnelles</external> ainsi que les titres, artistes ou albums que vous êtes en train d'écouter sur votre ordinateur. Dans un tel système de contrôle, je ne ferais confiance qu'à l'état, et encore, sur la base de chartes précises. Un tel pouvoir dans les mains d'une société privée est simplement inacceptable !</p>

<p>En conclusion, si DADVSI veut se donner les moyens de préserver la liberté de choix des utilisateurs, la pérennité de leur bien, la sécurité de leur vie privée et la survie du libre, il se doit d'<strong>imposer un standard DRM ouvert pour la France</strong>. Ou alors, le cas échéant, maintenir <strong>le droit de contourner les protections</strong> à des fins d'interopérabilité.</p>


<h2>Un DRM, ça protège surtout les monopoles...</h2>

<p>Nous l'avons compris, certains éditeurs de logiciels ont tout intérêt à pousser le secteur du disque vers le tout DRM car ils s'assurent ainsi un marché captif. Et ce, au moment même où les marges de ces éditeurs sont très menacées. J'aurais sûrement l'occasion d'y revenir plus en détail dans d'autres billets, mais vous aurez remarqué que le libre se répand très vite ces derniers temps. Et trop vite au goût des éditeurs qui voient là la <external href="http://www.catb.org/~esr/halloween/halloween1.html" title="je vous conseil, avec un oeil très critique, de lire ceci">fin d'un règne</external>. Alors une technologie qui leur permettrait de s'assurer une certaine "captivité" de leur "clientèle" est sans nul doute une aubaine. </p>

<p>De leur côté, les majors sont elles aussi face à un problème. Un problème autrement plus grave que le téléchargement illégal. Aussi vrai que la photo digitale change le visage des industries qui s'y rattachent, l'ère numérique condamne tout aussi simplement les maisons de disque. Car dans l'ancien temps, ce disque, il devait être produit. C'est finalement lui qui octroyait à la musique la rareté nécessaire à sa valeur. Dans l'ère numérique, cette production n'a plus rien de rare, produire c'est dupliquer et dupliquer ne vaut rien. On aurait pu très sainement profiter de cette aubaine pour placer l'indice de rareté sur la création elle-même, sur l'artiste en somme. Mais cela reviendrait à court-circuiter cette industrie toute puissante qui n'y tient évidemment pas. Une impasse. Et pourtant, si leur modèle économique ne change pas, leur valeur ajoutée sera à terme nulle. Et ça, dans notre monde économique, c'est un arrêt de mort. La bonne solution serait alors de substituer le DRM au disque et conquérir ainsi le marché du <strong>droit d'écoute</strong>. La voilà la nouvelle rareté que le DRM rend possible, la rareté de l'écoute.</p>

<p>Droit d'écoute ? Ah oui, c'est peut-être le détail que l'on a oublié de vous donner. Le potentiel des DRM ne se limite pas aux seuls aspects techniques. Ils permettent la mise en place efficace d'un modèle de vente assez révolutionnaire. Ne plus vendre un disque mais seulement un droit d'écoute sur un contenu. Si vous en doutez, je vous conseil la passionnante <external title="Lien directe chez Apple pour la licence d'utilisation des produits iTunes" href="http://www.apple.com/fr/support/itunes/legal/terms.html">lecture du contrat</external> que vous signez tacitement en utilisant les services d'iTunes. C'est écrit en toute lettres. Vous ne pouvez utiliser ce que vous avez acheté qu'<q>à des fins personnelles et non commerciales, et non à des fins de <strong>redistribution, de transfert, de cession</strong> ou de sous-licence</q>. En d'autres termes (que des juristes me corrigent si je me trompe), je n'ai pas le droit de revendre ce que j'ai acheté sur iTunes, ni de le donner, ni de le léguer à mes enfants. Un peu comme pour un logiciel, vous ne possédez plus qu'un droit d'utilisation. Et un droit d'utilisation "volatile" qui plus est. Car, et c'est toujours dans le même contrat, votre droit peut être retiré, ou changer de nature, au bon vouloir du fournisseur, et de manière rétroactive. </p>

<p>Autant cela ne me choquait pas trop pour un logiciel mais cela me remue beaucoup plus pour un "objet" culturel. Poétiquement parlant, c'est la fin de la découverte des trésors musicaux de l'ancien temps dans les greniers de grand-papa, l'oreille collée au pavillon du gramophone. D'un autre côté, grâce aux DRM, nous allons sûrement voir apparaître moultes nouvelles offres, pour le plus grand bénéfice du consommateur, <external href="http://moutons.karma-lab.net/node/7" title="Un autre billet sur la propagande ministérielle">comme le dirait notre ministre de la culture</external> : droit de lire à la maison, droit de lire en voiture. Et pourquoi pas un accord roaming pour avoir le droit de lire sa musique à l'étranger (le contrat iTunes interdit pour l'instant que votre musique sorte de France...). Je ne sais pas pour vous, mais moi je vais maintenant avoir un peu de mal à débourser 10€ pour un simple "droit d'écoute". Pour le coup, j'achète vraiment du vent. Ou alors il faut que les prix aillent avec, car 10€, c'est énorme compte tenu des limitations imposées et de l'absence de frais de packaging et de distribution du fournisseur. D'autant plus que sur les .99€ que vous coûte une piste, l'auteur, celui que l'on cherche à protéger en ce moment, ne touche que 3% contre 14% pour un CD (source indirecte du Magazine Challenge, à vérifier cependant)...</p>

<p>Nos plus renommés artistes s'inquiètent de ce qu'ils ressentent comme une attaque à leur moyen du subsistance. Et je les comprends. Je comprends aussi qu'ils sont liés par contrat à cette industrie musicale. Mais ce qu'ils devraient comprendre à leur tour, c'est qu'en prêtant ainsi main forte à des ambitions qui les dépassent, ils risquent rapidement d'être les <external href="http://www.ratiatum.com/news2733_Spielberg_perd_une_recompense_a_cause_des_DRM.html" title="Spielberg perd une récompense à cause des DRM">victimes de ce qu'ils défendent</external>, risquant d'entraîner aussi avec eux <external title="Qui a peur d'Internet ? Pas les artistes, par Philippe Ogouz et François Lubrano" href="http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0%402-3232,36-728828%4051-698751,0.html">une certaine majorité d'artistes moins connus</external>. C'est dommage, car en jouant cet air différemment, cela pourrait être leur talent, la nouvelle "rareté" du produit culturel.</p>


<!-- Danger n°5 - présumé coupable-->
<h2>DRM, la protection du déjà coupable</h2>

<p>Sortons maintenant un peu de la technologie et imaginons un gouvernement qui déciderait d'imposer à toutes les automobiles un système de radio-surveillance. Un tel système vérifierait votre permis, votre vue et votre alcoolémie avant de vous laisser démarrer. Ensuite il enverrait en permanence à un central le détail de vos déplacements, votre vitesse ou le nombre de personnes présentes avec vous. A tout moment, les serveurs, s'ils le jugent nécessaire, peuvent arrêter la voiture, la faire se garer et vous obliger à rentrer à pied. Et ceci dans le but de réduire le nombre de morts sur la route. Je ne sais pas pourquoi, mais je gage que si un tel gouvernement osait ne serait-ce qu'évoquer une telle possibilité, le bon peuple en conclurait rapidement qu'on le considère comme de potentiels meurtriers du volant et tout le monde serait bien vite dans la rue. Attention, je ne parle pas d'un radar qui <strong>constatent une infraction</strong>, mais d'un système intégré dans votre sphère privée qui vous <strong>contrôle en permanence et agit de manière préventive sur vos libertés !</strong>.</p>

<p>Et bien les DRM c'est exactement ce principe transposé dans le monde virtuel. Car dans ce monde là, il semble acquis de pouvoir considérer les citoyens comme de potentiels délinquants. Pour notre gouvernement, les internautes ne sont sûrement qu'une bande de <q>racailles</q> modernes... Et c'est bien l'aspect de DADVSI que je trouve le plus choquant moralement. Que l'on constate, à l'image du radar, une infraction ne me pose pas de problème. Il y a des lois, elle sont connues et si je les transgresse, j'en assume les conséquences. Mais que l'on m'ôte, à priori, toute velléité de nuire en me prenant d'emblée pour ce que je ne suis pas, est pour moi une dérive éthique très grave digne des meilleures anticipations totalitaristes. </p> 

<p>Les DRM sont à mes yeux une hérésie née des appétits qu'aiguisent un très certain potentiel technologique. C'est aussi une facilité qui évite de repenser les problèmes à leurs sources. On peut utiliser l'atome pour se chauffer l'hiver ou pour démontrer sa puissance au monde. Les technologies de l'information rendent possible un tout répressif qui était jusqu'alors inimaginable. Elles permettent aussi un échange d'idée comme je suis en train de le faire ici. Je ne connais pas l'issue de ce débat mais j'espère que nos députés vont s'armer pour comprendre les implications sociales, morales et techniques de cette loi. Et s'informer consiste à écouter et se faire un avis. Les majors et les éditeurs ont, eux aussi, un avis à donner. Mais sûrement pas leur mot à dire. Nous avons confié à l'Etat la charge de préserver nos libertés, de protéger notre individualité et notre intégrité morale. Il a le devoir de nous orienter face à nos responsabilités mais pas de nous conditionner et de se retourner contre nous. L'Etat a pour mission de contrôler et de sanctionner si la ligne rouge que <strong>nous avons fixée ensemble</strong> a été franchie. Nous avons une police spécialisée dans ces technologies et elle a un rôle à jouer. Et que l'on arrête de dire que sur Internet la chasse aux actes illégaux est difficile. Les DRM sont pour moi un constat d'échec. Étouffer un comportement n'incite pas un individu à changer et à prendre ses responsabilités. Enfin, l'Etat n'a pas pour vocation d'aider les acteurs économiques à s'imposer et encore moins au détriment de celles et ceux qu'il représente. </p> 

    ]]></content>
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    <title>Prise de conscience</title>
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    <published>2005-12-17T12:53:57+01:00</published>
    <updated>2007-06-16T16:11:38+02:00</updated>
    <author>
      <name>Ulhume</name>
    </author>
    <category term="Cogitations" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p class="teaser">
	Finalement le tapage a du bon et cela me rend songeur... L'initiative EUCD.info dépasse haut la main la barre des 100 000 signatures et le monde « réel », celui qui ne surfe pas comme je respire, commence à s'intéresser au dossier DADVSI.
</p>    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p class="teaser">
	Finalement le tapage a du bon et cela me rend songeur... L'initiative EUCD.info dépasse haut la main la barre des 100 000 signatures et le monde « réel », celui qui ne surfe pas comme je respire, commence à s'intéresser au dossier DADVSI.
</p><!--break-->

<p>
	D'abord ce sont les médias papier qui ont repris avec plus où moins de bonheur l'énervement des technophiles : l'Humanité, le Monde et bien évidement le Monde Diplomatique. Et la télévision s'y met, sur <external title="L'édition régionale de Franche Comté" href="http://videojts.francetv.fr/regions/popup.php?id=c25a_1920&amp;video_number=0">France 3 Franche Comté</external>. Certes, ce n'est pas encore la grande messe du 20h sur une chaîne nationale mais c'est un pas vers une audience plus large. Sur le net, théâtre des premiers heurts, les intervenants commencent à changer de nature. Prenant le relais du Linuxien  essoufflé (dont je fais parti), le prof de Math s'exprime, puis <external href="http://solutions.journaldunet.com/0512/051214_tribune_dadvsi.shtml" title="Le projet de loi DADVSI et ses implications">l'avocate au barreau de Paris</a>. Le débat sans trop dériver sur le fond devient plus mature, plus large et donc aussi plus démocratique.
</p>

<p>
	Et enfin ce sont nos représentants qui entrent sur la scène publique avec pour certains quelques bonnes idées. M. Santini, par exemple, qui vient de déposer une proposition de résolution sur les <external href="http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion2678.asp" title="PROPOSITION DE RÉSOLUTION sur l'ePetition">e-pétitions</external>. Inspiré par le phénomène DADVSI, le projet consiste en la modification « du règlement de l'assemblée nationale par l'introduction de la possibilité pour chaque citoyen d'exercer son droit de pétition en ligne ». Ou plus près de notre sujet, <external title="P2P : interview du député Alain Suguenot" href="http://www.pcinpact.com/articles/d/57/0.htm?pge=1">M. Suguenot</external> qui dépose une <a class='external' target='_blank' href='http://recherche.assemblee-nationale.fr/amendements/resultats.asp?NUM_INIT=1206&amp;amp;AUTEUR=Suguenot&amp;amp;GROUPE=&amp;amp;gouvernement=&amp;amp;DateDebut=&amp;amp;DateFin=&amp;amp;QueryText=&amp;amp;Scope=&amp;amp;deliberation=&amp;amp;num_partie=&amp;amp;SortField=DATE_AMEND&amp;amp;SortOrder=Desc&amp;amp;ResultCount=10' >série d'amendements</a> ajoutant au texte initial l'extension de la copie privée au téléchargement sur internet. Moyennant bien sûr quelques euros de plus sur la facture de votre fournisseur d'accès. Ce serait une option pas une taxe, et sans elle télécharger vous rendrait toujours coupable de contrefaçon. C'est sans aucun doute une bonne idée, même si j'ai du mal à trouver les informations permettant de savoir elle tient la route. Ce dont je suis certain, c'est de l'accueil outrée que lui réservent les majors...
</p>

<p>
	Toujours est t-il que le monde du réel s'agite ! Oui, bien sûr, ce n'est pas non plus le raz de marée, mais c'est déjà un effet, papillon peut-être, mais un effet. Et cela redonne un vague espoir... Ceci dit, j'imagine que devant ce spectacle certaines mâchoires doivent grincer bien fort. L'effet de chapeau est bel et bien raté, et le lapin s'est échappé dans la salle. Car même si nous ne sommes que consommateurs pour notre aimé gouvernement, il semble que nous soyons aussi des acteurs. Et ça, dans un brave nouveau monde, je gage que certains auraient préférer l'éviter. Ils voulaient être laissés en paix pour traficoter nos existences pendant que nous nous émerveillerions d'un rose bambin sur la paille. Et bien c'est loupé, pour cette fois, ou du moins je l'espère...
</p>

<p>
	En s'éloignant un peu, toute cette histoire semble avoir un autre sens. Sans chercher à ouvrir un débat que je ne saurai soutenir sur la démocratie directe, je ne peux cependant m'empêcher de me dire que l'e-citoyenneté a peut-être une chance finalement. Ce combat n'est pas gagné, loin de là, mais observer un impact aussi dérisoire soit-il est rassurant. Car n'en déplaise à certains, notre système dit démocratique n'est rien d'autre qu'un fragile jeu de courroies. Pour que les préoccupations du terrain deviennent des idées, puis les idées des choix, des actes et des lois, il faut qu'à chaque étape, à chaque transition, existe une classe d'humains qui parle à l'un et explique à l'autre. De la rue au militant, du militant au cadre, du cadre au parti, du parti au gouvernement, c'est ainsi que notre démocratie s'est construite et a fonctionnée. Jusqu'a ce qu'un jour... avant... je ne sais quand... certaines courroies se sont à l'évidence rompues. Livrée à elle-même, la sphère politique est devenu cette toupie que nous connaissons. Victime des gignole, tournant sur elle-même en jacassant sans fin sur un monde dont elle est absolument déconnectée. La toupie n'apprenant plus, elle pense la vie de la citée selon ses vieilles croyances, ses vieilles craintes, sans réalité, sans nouveauté. Les militants ne sont plus là pour passer le relai et le peuple bougonne dans sa barbe ou à son bonnet. Il ne reste les groupes de lobbying, les derniers interlocuteurs attentifs de notre toupie ésseulée.</p>

<p>
	Car ce sont eux qui aujourd'hui qui prennent encore la peine d'expliquer à notre toupie le monde tel qu'il est. Ils hantent les couloirs des gouvernements Européens comme nationaux ou participent gracieusement aux commissions de travail. Chaque fois qu'il y a urgence ils répondent présent, pour dispenser un conseil, donner un avis, offrir leurs idées. Et en plus, avouons-le, il savent mettre les formes, ils ont les attentions qui touchent ! Eux seuls ont pensé qu'en ces chaleurs estivales, <external href="http://wiki.ffii.org/CampIcecream050601En" title="MEP offers colleagues ice-cream for pro-patent vote">douceurs et confiseries</external> pour adoucir l'âpreté des débats. Qui, à part eux, aurait eut l'idée de permettre à nos députés de <external href="http://www.pcinpact.com/actu/news/Loi_DADVSI_le_direct_a_21h30_et_premier_scandale.htm" title="DADVSI : le direct depuis 21h30 et premier scandale">goûter au joies de la musique en ligne</external> et de rendre ainsi supportable la perspective d'un épuisant travail de  nuit ? En bref si le bon le peuple n'aime plus la politique, qu'il n'ait pas d'inquiétude. Eux sont là pour s'en occuper et vous apprécierez le résultat...</p>

<p>
	Or voilà qu'un jour en France, quelques simples gars, son site (eucd.info) et sa pétition provoquent des chaînes de mails, des explosions de blogs de savons, des articles enflammés qui partent d'une communauté pour peu à peu s'étendre au reste de société. Un feu de paille face à l'inéluctable ? Peut-être, on verra cela demain. Mais là où quelque chose change, c'est qu'une nouvelle courroie se constitue et même si, dans ce cas, l'issue n'est pas assurée, la toupie se voit à nouveau irriguée de l'information qui devait lui manquer. Je ne cherche pas à être cynique. Je pense sincèrement que nous avons tous créé cet isolement des femmes et des hommes politiques qui n'ont eu alors d'autre choix que de chercher du sens « ailleurs ». 
</p>

<p>
	Plus personne de nos jours ne se définit réellement sur le fil étroit d'un bord politique. Les partis sont aussi morts que nos vieilles courroies.  Aujourd'hui nous n'avons que faire d'un programme de parti, nous avons surtout besoin des hommes d'idées. Et de ceux là, j'ose espérer qu'il y en a un peu partout dans l'hémicycle. 
</p>    ]]></content>
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    <title>DRM... et nos pensées seront sous contrôle</title>
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    <published>2005-12-13T23:44:24+01:00</published>
    <updated>2007-06-16T16:11:58+02:00</updated>
    <author>
      <name>Piou</name>
    </author>
    <category term="Cogitations" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p class="teaser">Brevets logiciels, droits d’auteur, logiciels libres, licence GNU et autre monde Open Source… D’âpres débats fusent sur la menace que certains projets de lois font peser sur le monde du logiciel libre. Des pétitions circulent, des informaticiens s’indignent. 
Je dois bien vous avouer que je n’y entends pas grand-chose à tout cela. 
Et de vous à moi, n’est ce pas là un combat d’arrière garde qui n’intéresse qu’une petite communauté d’experts, défendant leurs intérêts particuliers face à d’autres intérêts ? </p>
    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p class="teaser">Brevets logiciels, droits d’auteur, logiciels libres, licence GNU et autre monde Open Source… D’âpres débats fusent sur la menace que certains projets de lois font peser sur le monde du logiciel libre. Des pétitions circulent, des informaticiens s’indignent. 
Je dois bien vous avouer que je n’y entends pas grand-chose à tout cela. 
Et de vous à moi, n’est ce pas là un combat d’arrière garde qui n’intéresse qu’une petite communauté d’experts, défendant leurs intérêts particuliers face à d’autres intérêts ? </p>
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<h2>La paranoïa d'une poignée de "geeks" ? </h2>

<p>J’ai un PC et une connexion Internet. Pour mon travail et mes loisirs, j’utilise des logiciels achetés, ou acquis librement sur le Net. Et du moment qu’ils fonctionnent, que m’importe qui les a fabriqués et ce qu’ils projettent de faire ? Pourquoi devrai-je me sentir concernée par tout cela ? Un peu de cynisme économique facile m’amènerait à dire que cette Troisième Révolution Industrielle, celle des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), ne diffère en rien des deux précédentes. Elle aiguise les appétits et la concurrence, elle fabrique des géants et de nouveaux acteurs émergents, et tout ce beau monde s’affronte dans l’espoir de prospérer et de faire fortune. Et vous, et moi, en tant qu’homo economicus de base, nous ferons notre marché parmi tout cela pour accéder à de nouvelles technologies, des services en ligne, du contenu distrayant, cultivant et alléchant, plein de loisirs et de plaisir, bref que du bonheur pour l’internaute.</p>

<p>Vues sous cet angle, les choses semblent aller dans le bon sens, et pourtant un vague doute subsiste : peut-on considérer la musique, les récits, les idées, et d’une manière général le contenu culturel quelque soit son support, comme des biens marchands banals? Se peut-il que cette nouvelle percée technologique, par sa nature même, puisse imposer un questionnement inédit à notre société ?</p>


<h2>La 3e Révolution</h2>

<p>Essayons d’y voir plus clair ensemble.</p>

<p>Les innovations technologiques apportées par les deux premières révolutions industrielles eurent pour résultats la démultiplication des capacités physiques humaines. En d’autres termes, nous avons su fabriquer des machines capables de dépasser les limites physiques imposées à l’être humain. Notre civilisation actuelle en témoigne : nous produisons des biens en quantité en utilisant peu de force humaine, nous nous déplaçons sur de longues distances en bien moins de temps que nos arrières grands-parents, etc. </p>

<p>Nous avons gagné en maîtrise sur notre univers matériel. 
Cette 3e Révolution Industrielle diffère alors radicalement des deux précédentes, en ceci qu’elle n’impacte absolument pas le monde physique, mais celui de l’information et de l’intangible. Ses conséquences en seront d’autant plus larges et sa portée plus fondamentale…</p>


<h2>Au commencement était l'information</h2>

<p>Mais au fait, qu’est ce qu’une information ? </p>

<p>Rien d’autre qu’un signal. Ou plutôt une succession de signaux que notre cerveau est mesure d’interpréter et à laquelle il est capable de donner un sens. A chaque instant de notre vie depuis notre naissance, nous recevons des signaux et des informations que nous interprétons, traitons et nous élaborons des réponses en conséquence. Des bébés que nous étions aux adultes que nous sommes aujourd’hui, les capacités d’acquisition et de traitement de l’information de notre cerveau se sont développées et nous avons ainsi su construire des réponses de plus en plus complexes. Prolongeons le raisonnement et vous constaterez au final que nos perceptions et interactions avec le monde qui nous entoure reposent avant tout sur l’acquisition et l’échange d’informations. </p>

<p>Dès lors, les TIC ont clairement pour enjeu la maîtrise non plus de l’univers physique, mais bien celle de l’univers mental. L’univers des idées, des connaissances, des croyances, tous ces fils variés et multiples à partir desquels chacun d’entre nous tisse et crée sa vision personnelle du monde. Ces technologies nous donnent accès plus vite à de nouvelles idées et informations. Elles ouvrent plus largement nos esprits à d’autres formes de pensée et de culture, à d’autres approches et sensibilités. Elles étendent considérablement notre champ d’acquisition de l’information, pour peu que nos capacités cérébrales soient en mesure de « traiter » cette quantité de données. Et notre perception du monde évoluera inévitablement en conséquence.</p>


<h2>Matière à pensées</h2>

<p>Vous comprendrez alors mon inquiétude quand je vois se dessiner les prémices d’un processus que je qualifierai de liberticide, car visant à limiter et à contrôler la circulation de l’information. Le fait que cette croisade soit menée au nom des sacro saints bénéfices financiers ne fait qu’aggraver ma peur. Je n’ai pas (trop) d’états d’âmes à admettre que les autoroutes ou la construction automobile puissent faire l’objet de batailles marchandes, mais je ne peux accepter que le contenu informationnel et ses outils de traitement puissent à leur tour être placés sous l’unique égide de quelques consortiums à vocation marchande. </p>

<p>Parce que l’information, c’est ce qui arrive tous les jours en droite ligne à mon cerveau, et c’est en utilisant cette matière première que je peux « penser » le monde auquel je participe. </p>

<p>Parce que ma liberté de pensée ne pourra dès lors jamais être garantie, si les informations qui alimentent mes idées étaient bridées et monopolisées par des groupements d’intérêts particuliers. </p>

<p>Parce que je ne veux pas du cauchemar d’un « Meilleur des Mondes », où mon choix se réduirait progressivement et insidieusement à la culture diffusée par les Majors, assorti d’une obligation d’acheter les logiciels autorisés qui vont bien avec. </p>

<p>Que ce soit en termes de contenu, de support, de traitement, d’accès ou de diffusion de l’information, nous devons pouvoir continuer à choisir. </p>


<h2>Libres et arbitres</h2>

<p>Et il n’y aura pas de choix possible sans une altérité et une diversité. Sous prétexte de protéger la culture, une poignée d’acteurs économiques s’apprêtent à restreindre ce qui a permis le développement de l’humanité : la libre circulation des idées et des innovations, la diffusion large du savoir et des connaissances. Face à la mutation imposée par les TIC, ces acteurs semblent incapables de réinventer un nouveau modèle de valeur et préfèrent réagir par des manœuvres à l’éthique douteuse. Mais quand les intérêts des grands producteurs de contenu rencontrent celles des géants producteurs d’outils de traitement, soyez sûr que la pression exercée sera plus forte que les principes démocratiques.</p>

<p>Voilà ce qui légitime à mes yeux la vigilance et l’opposition, face aux tentatives visant à supprimer l’altérité que le monde du logiciel libre incarne. L’issue de la bataille qu’ils livrent en ce moment ne concernera pas qu’eux : elle influencera le visage qu’aura notre société après-demain.  </p>


<p>En guise de conclusion, j’aimerais partager avec vous ces phrases prononcées au cours de l’affaire européenne des brevets logiciels, mais qui restent encore étonnamment d’actualité s’agissant du dossier DADVSI. L’auteur est un homme dont les engagements et les actions m’ont souvent semblé judicieux :</p>

<blockquote>«Nous défendons simplement l'idée qu'il y a un intérêt de civilisation à ne pas accepter le principe d'une brevetabilité intégrale de toute formulation d'un nouveau savoir exprimé sous forme de logiciel, alors que depuis 6 000 ans le savoir de l'humanité se diffuse par la copie et par le libre accès</i>» - Michel Rocard.</blockquote>

<p>PS : et n’oubliez pas d’aller cliquer sur les liens situés à la fin du texte d’Uhlume, dans <a href="/node/4">le chapitre Actions</a> !</p>
    ]]></content>
  </entry>
  <entry>
    <title>Le code DADVSI</title>
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    <published>2005-12-06T16:45:57+01:00</published>
    <updated>2007-06-16T16:12:13+02:00</updated>
    <author>
      <name>Ulhume</name>
    </author>
    <category term="Cogitations" />
    <summary type="html"><![CDATA[<p class="teaser">
  Après le rejet par le parlement Européen du projet de loi sur les brevets logiciels, tout le monde voulait croire à un peu de répit. C'était mal juger des forces en présence. Le nouveau "SCUD" a pour nom de code DADVSI et il a tout le potentiel pour faire relativement mal à nos droits individuels et encore plus au monde du libre.
</p>    ]]></summary>
    <content type="html"><![CDATA[<p class="teaser">
  Après le rejet par le parlement Européen du projet de loi sur les brevets logiciels, tout le monde voulait croire à un peu de répit. C'était mal juger des forces en présence. Le nouveau "SCUD" a pour nom de code DADVSI et il a tout le potentiel pour faire relativement mal à nos droits individuels et encore plus au monde du libre.
</p><!--break-->

<h2>Qu'est ce que le libre exactement ?</h2>
<p>
  Ici un petit rappel s'impose. En effet, vous êtes de plus nombreux à utiliser et apprécier un logiciel comme FireFox mais sûrement moins nombreux à savoir que ce navigateur est un <strong>logiciel libre</strong>.
</p>

<p>
  D'un point de vue général, on qualifie de libre un <external title="Artice WikiPedia sur le Contenu libre" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Contenu_libre" >contenu consultable, copiable et modifiable</external>. Le domaine du contenu libre est large, il peut s'agir par exemple de <external title="Musiques libre" href="http://www.jamendo.com" >musique</external>, d'art graphique ou, comme dans le cas de FireFox, de <external href="http://www.gnu.org" title="Site officiel du projet GNU">logiciels</external>. Ce contenu est le fruit du travail d'une communauté de développeurs, de graphistes, de musiciens qui l'offre à la communauté, à l'humanité. N'importe qui est alors libre de profiter de ce travail comme bon lui semble. Il peut même le revendre s'il le désire. La seule contraite consiste à redonner à la communauté le fruit de son propre travail sur un contenu libre.
</p>
<p>
  Les logiciels libres fonctionnent sur ce principe. On peut les acheter (dans un magazine par exemple) ou les télécharger sans plus de frais sur Internet. Et ils permettent aujourd'hui de faire d'utilser l'ensemble des fonctions d'un ordinateur avec des OS libres (<external title="Site officiel de Linux" href="http://www.linux-france.org/" >GNU/Linux</external>, <external title="Site officiel de FreeBSD" href="http://www.freebsd-fr.org/local-fr/www/spec/" >FreeBSD</external>, etc.), des suites bureautiques (ex. <external title="Site officie d'OpenOffice" href="Http://www.openoffice.fr" >OpenOffice</external>), des navigateurs web (comme <external title="Site officiel de FireFox" href="http://www.mozilla-europe.org/fr/products/firefox/" >FireFox</external>, Mozilla, etc.), etc.
</p>

<h2>Entre "logiciels fermés", "sources ouverts" et "logiciel libre"</h2>
<p>
  Un logiciel libre peut-être obtenu gratuitement, comme un <external title="Article WikiPedia sur les graticiels" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Freeware">freeware</external>. Mais la véritable différence entre un logiciel libre et un logiciel gratuit tient à ce que le code source d'un logiciel libre est <strong>obligatoirement accessible à tous</strong>. C'est une aspect qui va prendre toute son importance dans ce qui suit.
</p>
<p>
  Déjà qu'est-ce que le code source d'un logiciel ? Pour simplifier, le code source est comparable à la formule chimique d'un médicament, sa composition. L'industriel "transforme" la formule chimique en médicament, le développeur transforme (on appelle cela "compiler") le code source en logiciel que vous pouvez installer sur votre ordinateur. A partir de là nous comprenons qu'il y a trois possibilités. Soit l'industriel garde sa formule secrète, soit il la rends publique mais ne donne à personne le droit de produire le médicament lui-même (ou l'autorise mais sous des conditions très précises). Soit enfin, il la rends la formule publique (généralement elle tombe dans le domaine publique) et tout le monde peut fabriquer des médicaments équivalents (les génériques).
</p>
<p>
  Pour les logiciels, c'est à peu près la même chose. Nous avons des logiciels "fermés" dont les sources ne sont pas disponible au publique. Des logiciels dont les sources sont plus ou moins ouverts au publique, souvent désigné par "logiciels OpenSource". On ne peut cependant pas réutiliser ces sources sans autorisation. Et enfin des logiciels libre dont les sources sont ouverts et réutilisables par n'importe qui (les génériques). On comprends donc que si libre implique OpenSource, l'inverse est absolument faux. C'est un amalgame classique de confondre ces deux notions. Par exemple, Microsoft, donne accès, sous certaines conditions, à des portions du code source de Windows. Cependant, vous ne pouvez évidement pas utiliser ce code pour faire votre propre version de Windows. Il s'agit bien d'OpenSource mais pas de libre. En revanche, vous pouvez prendre le code source de FireFox et fabriquer votre propre version, et même la revendre, c'est un logiciel libre.
</p>

<p>
  Chacunes de ces trois options a ses avantages et inconvénients. La fermeture du source permet à une société de garder son savoir faire. En revanche l'utilisateur n'ayant pas accès au source, ne peut jamais réellement savoir ce que le logiciel fait (ce qui serait bien utile si le logiciel contient un espoin). Si un logiciel est libre, personne ne peut théoriquement en stopper la production. Ce qui n'est évidement pas le cas d'un logiciel fermé qui peut être arrêté pour des raisons stratégiques ou économiques. Certaines grandes sociétés on décidé de rendre leurs logiciels libres, souvent pour réduire les coûts de développement et se concentrer sur le service associé au logiciel libres. Vous comprendrez ainsi le non-fondé d'un autre amalgame classique entre "libre" et "utopie anti-économique de développeurs naïfs". M. Stallman, l'inventeur du libre, est le premier à déclarer que le libre n'a d'avenir qu'à partir du moment où il trouve sa place en tant que secteur économique. Faire de l'argent avec du libre n'est donc, ni un non-sens, ni une hérésie. 
</p>

<p>
  Le libre n'est pas non plus un "exterminateur de logiciel propriétaire". C'est un choix et dans certain cas une conviction. Les deux monde se complètent et se stimulent. Mais il faut malgré tout garder à l'esprit que les logiciels libres ont été déclarés par l'UNESCO dans sa liste des <external title="UNESCO - Free Software as a World Treasure" href="http://www.fwtunesco.org/article/articleview/22" ><u>Amis des Trésors du Monde</u></external>. Que ces logiciels sont le fruit du travail de milliers de personnes bénévoles. Qu'ils permettent à des pays n'ayant pas les moyens de s'offrir des licences propriétaires de s'équiper en informatique. Qu'en France, le secteur du libre devient un secteur économique à part entière et qu'il génère de plus en plus d'emplois alors que les éditeurs de logiciels, essentiellement états-unisiens, n'en génèrent finalement que très peu. Enfin bref, qu'un monde sans libre serait une réelle régression en terme d'accès à l'information pour tous et c'est bien sûr ce point que le projet de loi DADVSI nous inquiète...
</p>


<h2>Que nous dit Sir DADVSI ?</h2>

<p>
  DADVSI est l'acronyme de "Droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information". Il s'agit du projet de loi de transposition la directive européenne <external href="http://fr.wikipedia.org/wiki/EUCD" title="Article WikiPedia sur la directive EUCD>EUCD</external> (équivalent " <external title="Article WikiPedia sur le DMCA" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Digital_Millenium_Copyright_Act">Digital Millenium Copyright Act </external>" état-unisiens), qui vise à harmoniser certains aspects du droit d'auteur dans notre société numérique. Et il n'y aurait là rien d'étonnant si cette remise à plat des règles du jeu se déroulait dans un esprit de concertation.
</p>

<p>
  Seulement voilà, pour DADVSI, le mot "concertation" semble prendre un sens particulier. Affublée d'une procédure d'urgence, c'est à dire <u>avec une seule lecture parlementaire</u>, l'examen du texte a été programmé le 20 et 21 Décembre... En plein préparatifs des fêtes de fin d'année... Chacun saura apprécier la forme hautement démocratique de la démarche.
</p>

<p>
  Mais revenons au coeur du débat. Car au delà de la forme, très contestable, il y a un fond qui ne l'est pas moins. Et pour comprendre, le mieux reste encore de retourner aux textes du projet, <external title="Site de l'assemblée nationale concernant le projet DADVSI" href="http://www.assemblee-nationale.fr/12/pdf/projets/pl1206.pdf">disponibles ici</external>. Et plus précisément sur les articles 6 à 7 et 11 à 15, résumé dans le document original au chapitre " l'exposé des motifs ". Je cite : </p>

<blockquote>
  <strong>Les articles 6 et 7</strong> du projet de loi définissent, en reprenant les critères fixés par la directive, les mesures techniques de protection, qui sont les technologies, dispositifs, composants ou services efficaces qui, dans le cadre normal de leur fonctionnement, ont pour fonction de prévenir ou limiter les utilisations non autorisées des oeuvres protégées. (...)
</blockquote>

<blockquote>
  <strong>Les articles 11 à  15</strong> assimilent au délit de contrefaçon le fait de contourner ces mesures techniques ou de mettre à  disposition des moyens permettant ce contournement, y compris lorsque ces moyens ont un but commercial limité ou une utilisation limitée autre que ce contournement.
</blockquote>

<p>
  Un peu de décryptage s'impose. Les <q>mesures techniques</q> en question, sont donc des protections anti-copie. Ces protections sont multiples et parfois très contestables du point de vue éthique (cf. <external title="Sony - Vous allez être épaté par «la trousse du grand chef»" href="http://formats-ouverts.org/blog/2005/11/14/614-vous-allez-etre-epate-par-la-trousse-du-grand-chef">Système de protection des CD-Audio de Sony</external>). Le mot <q>contourner</q> quant à lui, veut simplement dire casser la protection anti-copie.
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<p>
  La question que l'on se pose alors est de savoir dans quels cas peut-on être amené à casser une protection ? N'est-ce pas systématiquement malhonnête ? En effet on peut casser la protection d'un jeu pour l'utiliser alors qu'on ne s'est pas acquitté du prix de sa licence. Mais on peut aussi <u>avoir à casser</u> une protection pour pouvoir lire un DVD <u>acheté absolument légalement</u>. Comment est-ce possible ? Très simplement en fait...
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<h2>Un DVD que j'ai acheté...</h2>

<p>
  Le contenu vidéo d'un DVD (tels que ceux achetés en grande surface) est protégé par un chiffrement (un moyen technique donc). Un chiffrement est une sorte de brouillage qui, sans la bonne clef, le décodeur, rend impossible la lecture du DVD. Donc pour visionner un DVD sur votre écran d'ordinateur, vous devez posséder un logiciel qui connaît cette clef. Or la clef doit être tenue secrète car sinon la protection ne fonctionnerait pas longtemps. Il faut donc cacher la clef DANS le logiciel de lecture. Et ceci n'est réalisable QUE si personne ne peut avoir accès au code source du logiciel. En effet, pour reprendre l'analogie du médicament, comment cacher un ingrédient si sa formule est accessible à tous ? Hors, nous l'avons vu plus haut, un logiciel libre ne peut pas cacher son code source. La conséquence est qu'il <u>n'existe pas</u> de logiciel libre capable de lire légalement de DVD. Ceci sans compter que même si cela était techniquement réalisable, les clefs DVD doivent être achetées extrêmement cher au DVD Consortium, ce qu'aucun auteur de logiciel libre ne peut se permettre.
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<p>
  Pour "contourner" ce problème, la "solution" consiste à "casser" le chiffrement, c'est à dire forcer la serrure et se passer du coup de la clef. C'est ce que font tous les logiciels de lecture de DVD sous GNU/Linux. Et c'est bien là le paradoxe car pour visionner un film <u>que j'ai acheté</u>, je vais devoir en <u>contourner sa protection</u>.
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<h2>Contrefaçon...</h2>

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  Revenons maintenant à notre projet de loi maintenant que nous voyons mieux ce que <q>contourner un moyen technique</q> veut dire et implique. En poursuivant la lecture du texte nous apprenons qu'un tel contournement est assimilé à de la contrefaçon. Et le texte va plus loin. Il qualifie aussi de contrefaçon le logiciel qui m'a permis ce contournement. Et la contrefaçon, en France, ce sont des peines allant jusqu'à 300.000 EUR d'amende et 3 ans de prison... Peine donc que nous encourons, moi et l'auteur du logiciel libre, pour accéder au contenu d'un DVD acquis légalement.
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  Si une telle loi est adoptée, tous les projets de lecteur multimédia libre comme MPLayer, VLC (utilisé dans les FreeBox) ou Xine seront ainsi amenés à disparaître. Non pas qu'ils ne sachent plus lire la vidéo et la musique que vous venez d'acheter mais parce qu'il ne sera plus toléré qu'ils le fassent.
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  Maintenant la suite de l'histoire est encore plus "amusante". Car si les Etats-Unis  ont adopté un texte aussi désastreux que DADVSI, ce qui suit, eux, l'ont abandonné (voir ce qu'est le  <external title="Article Wikipedia sur CBDTPA" href="http://en.wikipedia.org/wiki/CBDTPA" >SSSCA/CBDTPA</external> pour plus d'information)... En effet, le projet d'amendement "VU/SACI/BSA/FT Division Contenus" (date limite des dépots le 15) veut encore durcir le ton en ajoutant à DADVSI :
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<blockquote>
  Le fait, en connaissance de cause, d'éditer ou de mettre à la disposition du public, sous quelque forme que ce soit, un logiciel manifestement destiné à la mise à disposition non autorisée au public d'oeuvres ou d'objets protégés par un droit littéraire et artistique <u>qui ne comprend pas les mesures pour, en l'état de la technique, préserver ces oeuvres ou objets protégés contre un usage non autorisé</u> (<a class='external' target='_blank' href='http://eucd.info/index.php?2005/11/14/175-exclusif-amendement-vivendi-universal-sacem-bsa' >sources</a>)
</blockquote>

<p>
  En d'autres termes, tout logiciel amené à manipuler (lire, échanger, etc.) un contenu protégé et <u>qui n'intègre pas la gestion des protections</u> est lui-même assimilé à de la contrefaçon. Et comme nous l'avons déjà vu, les logiciels du libre ne peuvent pas intégrer de tels mécanismes.
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<p>
  C'est donc toute la filière des logiciels libres touchant de près ou de loin aux échanges sur le réseau qui risque du coup d'être déclarée illégale. Cela touche un nombre énorme de projets comme les serveurs WEB (Apache), les protocoles sécurisés (SSH), les logiciels de courriel, les navigateurs Internet, et bien sûr tous les logiciels d'échange.
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<h2>Un pas de trop...</h2>

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  Si la France adopte le projet de texte DAVDSI en l'état, le libre n'aura plus de moyen pour accéder légalement au contenu des médias culturels. Et si l'amendement "VU/SACI/BSA/FT Division Contenus" est retenu, un secteur complet du libre n'aura plus même le droit d'exister. Et enfin, pour ceux qui pensent que l'application d'une telle loi restera mesurée, il est instructif de se reporter aux <external title="Pressions sur le gouvernement pour faire interdire le Logiciel Libre" href="http://www.fsffrance.org/news/article2005-11-25.fr.html" >propos de la SACEM</external> à ce sujet : <q>Vous allez arrêter de publier vos logiciels</q>. Et elle se déclare d'ailleurs prête à <q>poursuivre les auteurs de logiciels libres continuant de divulguer leur code source</q>.
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<p>
  Ne nous faisons pas d'illusions, tous ces <u>médias culturels</u> sont amenés à être protégé un jour ou l'autre. Et les enjeux dépassent largement les impacts sur le libre décrits ici car l'intérêt financier est aussi évident qu'important. Les géants du contenu étaient beaucoup trop laxistes jusqu'à maintenant, nous autorisant à acheter un CD audio puis à l'utiliser dans votre salon, dans votre baladeur, dans votre voiture et même à le siffler sous la douche !  Et ce sans payer un euro de plus ? Un changement s'impose et les futurs bénéfices, renommés pour la circonstance en manque à gagner, sont énormes. Pourquoi n'achèteriez-vous qu'un seul CD alors que vous pourriez payer trois "droit d'écoute" ? Un pour votre salon, un pour votre baladeur et un autre pour votre voiture ? En effet, si l'on vous prive du droit de lire un contenu de la manière qui vous convient, cela implique à terme que vous n'achèterez plus qu'une boite en plastique contenant une autorisation, limitée dans le temps et dans l'espace, de profiter de son contenu.
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<p>
  Le libre est donc menacé mais la liberté élémentaire de disposer de manière personelle d'un contenu acquis légalement aussi. Attention, je ne parle ici pas de copie privée, mais de l'utilisation (et non la copie) d'un contenu à sa convenance. Imaginez ce que vous éprouveriez si l'on vous interdisait de prêter la BD qui vous a tant plu à un ami... Pas la photocopie de la BD, mais l'objet lui même... C'est ce qui risque, sans exagération, d'arriver dans un avenir proche. M. Stallman (l'inventeur du libre) nous a écrit d'ailleurs <a class='external' target='_blank' href='http://www.freescape.eu.org/eclat/1partie/Stallman/stallmantxt.html' >une très jolie fable </a> à ce sujet il y a quelques années, en 97, un ans après l'adoption par le gouvernement Clinton de la grande soeur de DADVSI.
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<h2>Action !</h2>

<p>
  Il reste malgré tout quelques moyens d'action disponibles. Tout d'abord une pétition organisée par eucd.info :
  <ul>
    <li>
      <a class='external' target='_blank' href='http://eucd.info/petitions/index.php?petition=2' >Pétition demandant le retrait de l'ordre du jour parlementaire du projet de loi DADVSI</a>
    </li>
  </ul>
</p>  

<p>
  Enfin, vous pouvez écrire, téléphoner, ou prendre rendez-vous avec nos députés et représentants parlementaires. Une page toujours sur eucd.info regroupe les différents moyens de les joindre :
  <ul>
    <li>
      <external href="http://eucd.info/index.php?2005/12/06/196-eucdinfo-invite-les-citoyens-a-interpeller-le-gouvernement-les-parlementaires-et-les-responsables-politiques-sur-le-projet-de-loi-dadvsi" title="EUCD.INFO invite les citoyens à interpeller le gouvernement, les parlementaires et les responsables politiques sur le projet de loi DADVSI">Page EUCD.info des coordonnées de nos représentants</external>
    </li>
  </ul>
</p>

<h2>Références supplémentaires</h2>
<ul>
  <li>
    <span class="label">Pétition:</span> <strong>173628
</strong> signatures. <external  href="http://eucd.info/petitions/index.php?petition=2">Ajoutez la votre...</external>
  </li>
  <li>
    <external  href="http://recherche.assemblee-nationale.fr/visualiser.asp?k2dockey=http%3A%2F%2Fwww%2Eassemblee%2Dnationale%2Efr%2F12%2Fprojets%2Fpl1206%2Easp%40site&amp;serverSpec=localhost:9920&amp;querytext=1206&amp;OrigQuery=&amp;QueryParser=Simple&amp;logTitle=&amp;dtype=2&amp;collection=site&amp;theme=Projets%2Dde%2Dloi%5F12%5Ftopic&amp;allsite=non&amp;intervention=&amp;aut=&amp;ResultStart=1&amp;ResultDocStart=2">La page du projet de loi DADVSI</external>
  </li>
  <li>
    <external  href="http://www.assemblee-nationale.fr/12/pdf/projets/pl1206.pdf">Le texte du projet DADVSI</external>
  </li>
  <li>
    <external href="http://recherche.assemblee-nationale.fr/" >Recherches dans les textes</external>
  </li>
  <li>
    <external href="http://recherche.assemblee-nationale.fr/amendements/recherche.asp" >Recherches dans les amendements</external>
  </li>
  <li>
    <external href="http://www.assemblee-nationale.fr/12/qui/circonscriptions/" >Trouver votre député</external>
  </li>
  
</ul>    ]]></content>
  </entry>
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