En ces temps de campagne municipale, plusieurs «bonnes nouvelles» étaient prévues selon un calendrier implacable afin de ramener un peu de sympathie du coté de notre monarque adoré. Il faut bien dire, pour paraphraser Hollande, que personne ne se réclame de Sarkozy ... ce qui est plutôt bizarre en temps de campagne électorale.
Le premier acte de la médiatisation sarkozyste commence par l'annonce d'un taux de chômage exceptionnellement bas. L'annonce ne pouvait pas tomber à meilleur moment, quelques jours avant le vote. Rappelons que l'ancien directeur de l'Insee a été débarqué par Sarkozy en octobre dernier, précisément parce que la façon de tenir les statistiques du dit taux de chômage n'était pas assez «sarko-friendly». L'actuel directeur de l'Insee ayant été camarade de jeu de notre président dans sa période balladurienne, on ne peut qu'apprécier la date choisie pour la publication des nouveaux chiffres. Encore faudrait-il bien voir de quoi est fait ce taux : «papy boom» (nombreux départs à la retraite), contrats à temps partiels etc ... mais l'annonce est triomphale : le taux de chômage le plus bas depuis plus de 20 ans.
Tintin au Vénézuela
Et heureusement qu'il est là, ce taux de chômage parce que l'espoir d'une libération d'Ingrid Bétancourt juste avant le vote vient peut-être de s'envoler ... On a presque cru que le trio infernal Uribe-Chavez-Sarkozy voulait vraiment les libérer ces otages, en oubliant que la situation politique est infiniment plus complexe que cela. On voyait sarko en treillis, marcel façon Putine, Ray-ban sur le nez et rangers-talonnettes dans la jungle volant au secours de la pauvre Ingrid.
Petit aparté : il faut reconnaître que l'Amérique du Sud, c'est quand même autre chose ! Pour comparer, quand Sarko frappe du poing sur la table, ça fait tout juste «bling bling», à cause de la Rolex qui cogne sur le rebord. Là, quand Uribe s'énerve c'est un chef des Farc assassiné ; quand la moutarde monte au nez de Chavez, c'est des dizaines de chars amenés à la frontière colombienne. Ca sent l'hormone mâle, la sueur, le treillis ... on se passionne, on s'enflamme ; lors du sommet on se traite de noms d'oiseaux pour enfin finir dans les bras les uns des autres. Un bon abrazo, une tape franche sur l'épaule de Correa et tout est réglé jusqu'à la prochaine envolée fiévreuse.
Une prise d'otages qui se finit trop bien
Bon. Que nous reste-t-il en stock ? quelques histoires de pédophilie récidivistes sur TF1 et le Figaro, du grand classique, pas de quoi fouetter un chat ... Ah si : une prise d'otage d'un maire de 72 ans !! Et là pareil, on imagine speedy-sarko débarquer, dialoguer avec le forcené et ressortir avec M. le maire, le portant dans ses bras ... ça lui aurait au moins permis de renouer avec l'électorat âgé qui vient de manifester dans les rues. Manque de bol, les forces d'interventions font bien leur job, sarko n'a pas le temps de dire ouf que la prise d'otage se termine sans accrocs.
Déby, un mec en or (massif)
Alors il y a bien l'épisode Déby : notre bienfaiteur a finalement décidé qu'il pourrait accorder la grâce aux membres de l'arche de zoé ... moyennant une petite compensation toutefois. Visiblement, il ne suffit pas à Déby que les français soient allés lui prêter main-forte pour assoir son pouvoir despotique ; maintenant il réclame 6 millions d'euros pour indemniser les familles des victimes. Quand on connait les préoccupations humanitaires de Déby, il ne fait aucun doute que cette somme ira bien aux familles, n'est-ce pas ? En gros, il s'agit d'une tentative de racket ... un type super ce Déby, qu'est-ce qu'on a bien fait d'aller lui filer un coup de main.
Mais cette semaine nous a également pourvu de plusieurs rebondissements, ou grains de sables dans la belle mécanique politique de notre pays. C'est bien le théâtre, ça permet toujours d'éluder les vraies questions.
La Balkanysation de Neuilly
On retiendra par exemple le soutien de Balkany à la candidature de Teullé, faisant suite au même soutien de la part de la maman de Sarkozy (rien que ça !) ; le même Balkany allant jusqu'à gratifier son vieil ami Devedjian (secrétaire général de l'UMP - ou du PMU, on ne sait plus) en vantant son «énorme connerie» d'avoir tout misé sur le cheval Fromentin dans la course de l'hippodrome Neuilléen. Avec ces soutiens dans tous les sens, la droite est certaine d'avoir au moins un gagnant à Neuilly, c'est là l'essentiel.
L'herbe Frêche repousse toujours
A noter également le retour de M. Frêche au plus haut sommet puisque ce dernier vient presque de convoler en noces avec la grande dame du PS ; un grand moment d'émotion autour d'un café, notre Ségolène allant jusqu'à rendre un vibrant hommage au «grand bâtisseur de Montpellier!». Cette déclaration d'amour est même allée jusqu'à titiller les neurones de Roger Karoutchi (grand penseur de notre temps), considérant que cela était bien pire que le «pôv' con» présidentiel.
Ouf ! que de remous en une seule semaine ... vivement la suite
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