Fukushima, Le gouvernement japonais pire qu'au-dessous de tout

26/07/2011 - Ulhume
Voir la vidéo

Cette vidéo amateur nous montre, une fois encore, le cynisme et la froideur du gouvernement japonais face à une population qui crève de peur, pour l'instant. Refus de répondre aux questions, refus d'analyser les échantillons d'urine des gamins pour au moins rassurer (ou pas) les parents, refus de déplacer les populations exposées aux radiations, refus pur et simple de considérer ces gens comme des humains. Absence total de la moindre compassion, comme s'ils parlaient déjà à des cadavres.

Il n'y a pas de mot suffisamment durs pour qualifier l'attitude des autorités japonaises depuis le début de la crise de Fukushima. En comparaison, l'Union Soviétique lors du drame de Tchernobyl a été absolument exemplaire avec la définition d'une large zone interdite ainsi que l'évacuation et le replacement dans les deux semaines qui ont suivi l'accident de l'ensemble de la population (environ 240 000 personnes) .

Dans la préfecture de Fukushima nous avons été témoins d'une première zone d'exclusion la plus ridicule de l'histoire des accidents nucléaires : 20km... A titre de comparaison, les États-Unis ont demandé à leurs ressortissants de ne pas s'approcher à moins de 80km de la centrale en perdition. Le déplacement des populations s'est résumé à parquer des humains pendant des mois comme du bétail, en les laissant même faire un tour dans leurs maisons au plus fort de la crise. Aujourd'hui on leur fait croire que tout va bien et qu'il doivent décamper des salles qu'ils occupent pour rentrer chez eux.

Pourquoi en serait-il autrement finalement ? Ce gouvernement s'est lancé dans une grande communication du "Tout va bien". Mais comme il est difficile de tromper les compteurs Geiger, ils vont opter pour l'option Orwellienne : augmenter les taux de radioactivité maximum autorisés. Comme si la physique et la biologie s’accommodaient aussi facilement de directives administratives. Aujourd'hui, ils autorisent les enfants à retourner à l'école avec des taux "sans danger" transformés de 1 à 20 millisievert/an, c'est à dire le maximum autorisé en France pour un travailleur du nucléaire. A Tokyo, ils prennent les mesures à 18m du sol, cela donne un peu plus d'allure aux chiffres...

Il ne fait un secret pour personne que l'environnement de la préfecture de Fukushima est totalement anéantie mais les autorités préfèrent laisser agir comme avant, comme si rien ne s'était passé. La vie doit reprendre son cours quitte à laisser 300 mômes cueillir du thé à 1300 becquerels, des enfants, encore. Le foin de la région titre 75000 becquerels par kilo, mais cela ne les empêche pas de disperser 2000 bœufs contaminés pour être abattus et consommés dans tout le pays. En toute légalité, en toute conscience. Et c'est en toute conscience aussi que ce gouvernement joue la politique de la dilution en dispersant les déchets contaminés sur l'ensemble des incinérateurs du territoire.

Des histoires comme celles-ci sont nombreuses et il ne se passe pas un jour ou deux sans qu'une nouvelle n'arrive. Mais la majorité des Français, comme des Japonais, l'ignorent volontairement parce que cela fait peur, ou moins volontairement parce que les médias complaisants préfèrent s'intéresser aux déboires de DSK.

Des milliers d'enfants japonais pèsent moins dans la conscience médiatique qu'un politicien en goguette. Tout cela en dit long sur notre société.

Les commentaires...

freeflyer, le 26-07-2011

Je me demande si a une autre époque au Japon, le gars n'aurait pas eu le courage de se suicider pour échapper au déshonneur...

Publier un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd> <p> <blockquote> <br/>
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
CAPTCHA
Cette question permet de s'assurer que vous êtes un utilisateur humain et non un logiciel automatisé de pollupostage.